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Militaire et homme d'État vénézuélien
Être
Simón Bolívar (/siˈmon boˈliβaɾ/ ), de son nom complet Simón José Antonio de la Santísima Trinidad Bolívar y Palacios, surnommé El Libertador, né le 24 juillet 1783 à Caracas dans la vice-royauté de Nouvelle-Grenade (aujourd'hui au Venezuela), et mort le 17 décembre 1830 à Santa Marta en Grande Colombie, est un général et homme d'État vénézuélien. Simón Bolívar est avec son compatriote Antonio José de Sucre, l'argentin José de San Martín et le chilien Bernardo O'Higgins une figure emblématique de l'émancipation des colonies espagnoles en Amérique du Sud dès 1813. Il participe de manière décisive à l'indépendance de la Bolivie, de la Colombie, de l'Équateur, du Panama, du Pérou et du Venezuela. Bolívar contribue également à la création de la Grande Colombie, dont il est le premier président. Il l'imagine faisant partie d'une grande confédération politique et militaire regroupant l'ensemble de l'Amérique latine. Dans le cadre des guerres d'indépendance en Amérique latine, Bolívar a mené une centaine de batailles, dont soixante-dix-neuf furent décisives. Pendant ses campagnes, il a parcouru 70 000 kilomètres à cheval, soit dix fois plus qu'Hannibal, trois fois plus que Napoléon et deux fois plus qu'Alexandre le Grand. Simón Bolívar est aujourd'hui une idole politique et militaire dans de nombreux pays d'Amérique latine et du monde. Son nom a notamment été donné à un très grand nombre de lieux, dont des places, des rues ou des parcs, ainsi qu'à un pays, la Bolivie. On retrouve des statues à son effigie dans la plupart des grandes villes d'Amérique hispanophone, mais aussi à travers le monde. Ses idées inspirent un courant politique, le bolivarisme, proche du panaméricanisme. En Amérique latine, de nombreuses figures politiques du XXe siècle se réfèrent à Simón Bolívar. Au Venezuela, la révolution bolivarienne de 1999 se réclame directement du bolivarisme, à travers le chavisme.
Espèce de mammifère
Le renard roux (Vulpes vulpes), parfois désigné sous les noms de renard commun ou encore renard rouge, et plus affectueusement sous la dénomination médiévale de goupil, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Canidés. Le renard roux est l’une des espèces de mammifères carnivores les plus répandue à travers le monde, couvrant la majorité de l’hémisphère nord des continents eurasien et américain, jusqu’en Afrique du Nord plus au sud de son ère de répartition, et fut même introduite par l’Homme sur certaines îles comme l’Australie. C'est un canidé aux dimensions moyennes reconnaissables par son pelage roux souvent marqué de blanc sous le ventre et la gorge, au museau pointu, aux oreilles droites et à la queue touffue. L'espèce est classée dans l'ordre des Carnivora, mais il a un régime alimentaire omnivore à prédominance carnivore, et se nourrit surtout de rongeurs et de lapins, mais aussi d'insectes, de poissons ou de fruits. Il est ainsi très opportuniste, ce qui lui permet de s'adapter à des milieux très différents et de modifier son alimentation suivant le mois de l'année. Le renard roux se reproduit, suivant la région, de décembre à février, pour une mise bas aux beaux jours (gestation d'environ cinquante jours). Celle-ci s'effectue à l'abri d'un terrier, alors que, le reste de l'année, le renard vit presque exclusivement au grand air. Les petits sont d'abord nourris par le lait de leur mère, puis, petit à petit, le couple de parents leur apporte de la viande. Ils commencent à sortir du terrier au bout de quatre semaines, sont sevrés à neuf semaines, et, après avoir passé l'été avec leurs parents, ils se dispersent à l'automne. L'ampleur de la dispersion et la taille des portées varient suivant les ressources alimentaires du milieu et la mortalité, permettant à l'espèce de maîtriser ses effectifs. Son opportunisme et sa grande faculté d'adaptation, qui lui ont permis de coloniser une grande partie de l'hémisphère Nord, en font l'un des mammifères les plus répandus de la planète. En français, le mot « renard » fait généralement référence à cette espèce au sens strict. Il s’agit d’un animal considéré comme rusé, et souvent représenté ainsi dans les contes, comme dans les fables d'Ésope, que le fabuliste Jean de La Fontaine reprend plus tard, ou dans les légendes asiatiques, où il apparaît comme malicieux et doté de pouvoirs magiques. Il est chassé pour sa fourrure, pour le plaisir, pour ses déprédations sur les petits animaux d'élevage et aussi parce que le renard est un des vecteurs de la rage et de l'échinococcose alvéolaire, mais une campagne de vaccination anti-rabique a rapidement permis d'éradiquer la rage d'Europe de l'Ouest. En Europe les chasses à courre sont progressivement interdites depuis le XXe siècle. Le renard roux investit, petit à petit, les villes, se nourrissant de déchets et se réfugiant dans les parcs et jardins des quartiers résidentiels. Des élevages ont été créés pour approvisionner le marché de la fourrure.
Compositeur et critique musical français
Hector Berlioz (/bɛʁ.ljoz/ en français, /'bɛr.ʎo/ en francoprovençal) est un compositeur, chef d'orchestre, critique musical et écrivain français, né le 11 décembre 1803 à La Côte-Saint-André (Isère) et mort le 8 mars 1869 à Paris. Reprenant, immédiatement après Beethoven, la forme symphonique créée par Haydn, Berlioz la renouvelle en profondeur par le biais de la symphonie à programme (Symphonie fantastique), de la symphonie concertante (Harold en Italie) et en créant la « symphonie dramatique » (Roméo et Juliette). L'échec de Benvenuto Cellini lui ferme les portes de l'Opéra de Paris, en 1838. En conséquence, l'opéra-comique Béatrice et Bénédict est créé à Baden-Baden en 1862, et son chef-d'œuvre lyrique, Les Troyens, ne connaît qu'une création partielle à l'Opéra-Comique, en 1863. Berlioz invente les genres du « monodrame lyrique », avec Lélio ou le Retour à la vie, de la « légende dramatique », avec La Damnation de Faust, et de la « trilogie sacrée », avec L'Enfance du Christ, œuvres conçues pour le concert, entre l'opéra et l'oratorio. Faisant souvent appel à des effectifs considérables dans sa musique symphonique (Symphonie funèbre et triomphale), religieuse (Requiem, Te Deum) et chorale (L'Impériale et Vox populi pour double chœur, Sara la baigneuse pour triple chœur), Berlioz organise d'importants concerts publics et crée le concept de festival. Enfin, avec La Captive et le cycle des Nuits d'été, il crée le genre de la mélodie avec orchestre, qui se développe aussi bien en France — où s'illustrent notamment Duparc, Chausson, Ravel et André Jolivet — qu'à l'étranger, avec les cycles de Wagner, Wolf, Mahler, Berg, Schönberg, Richard Strauss et Benjamin Britten. Toujours en difficultés financières, le compositeur entreprend de présenter lui-même sa musique au cours de vastes tournées de concerts en Allemagne, en Europe centrale et jusqu'en Russie, où sa musique est bien accueillie. Avec son ami Franz Liszt, Berlioz est à l'origine des grands mouvements nationalistes musicaux de la fin du XIXe siècle et du XXe siècle, russes (du Groupe des Cinq jusqu'à Stravinsky et Prokofiev), tchèques (de Dvořák à Janáček) et hongrois (jusqu'à Bartók et Kodály). Reconnu de son vivant comme un maître de l'orchestration et un chef d'orchestre novateur, Berlioz publie, en 1844, son Traité d'instrumentation et d'orchestration, qui inspire de nombreux compositeurs et demeure un modèle pour les ouvrages traitant du même sujet au XXe siècle, tels ceux de Rimski-Korsakov et de Charles Koechlin. Éminent représentant du romantisme européen, Berlioz se considérait lui-même comme un compositeur classique, prenant comme modèles Gluck, Beethoven et Weber. Sa musique a longtemps fait l'objet de controverses ou de malentendus, principalement en France. C'est en partie pour les dissiper que Berlioz entreprend la rédaction de ses Mémoires, en 1849, et rassemble certains de ses articles et nouvelles, dans des ouvrages aux titres volontiers humoristiques (Les Soirées de l'orchestre, Les Grotesques de la musique, À travers chants). Il faut pourtant attendre les célébrations du centenaire de sa mort (1969) et du bicentenaire de sa naissance (2003) pour que la valeur artistique et l'importance de son œuvre, ainsi que son rôle déterminant dans l'histoire de la musique, soient enfin reconnus, surtout dans son pays natal, et que l'intégralité de ses partitions majeures soit enregistrée.
Compositeur tchèque
Antonín Dvořák (/ˈantoɲiːn ˈdvor̝aːk/ Écouter), né le 8 septembre 1841 à Nelahozeves (royaume de Bohême) et mort le 1er mai 1904 à Prague, est un compositeur tchèque originaire de Bohême (alors partie de l'Empire d'Autriche). Il est l'un des premiers compositeurs tchèques à acquérir une renommée internationale et l'un des plus grands compositeurs de la seconde moitié du XIXe siècle. Très polyvalent, il s'illustre aussi bien dans les domaines de la musique de chambre que de la musique orchestrale, de la musique religieuse ou de l'opéra. Il emploie fréquemment des rythmes et d'autres éléments de la musique folklorique de Moravie et de sa Bohême natale, suivant l'exemple de son prédécesseur, Bedřich Smetana. Dvořák fait preuve d'un talent musical précoce, se révélant un violoniste doué dès l'âge de six ans. Il étudie à l'école d'orgue de Prague, puis joue de l'alto au sein de l'orchestre du Théâtre provisoire de Prague tout en se lançant dans la composition. Les premières représentations publiques de ses œuvres ont lieu à Prague en 1872. C'est en envoyant certaines de ses œuvres à un jury afin d'obtenir une bourse qu'il attire l'attention de sommités du monde musical en 1874. En 1877, Johannes Brahms recommande Dvořák à son éditeur, Fritz Simrock, qui lui commande peu après les Danses slaves. Le succès commercial et critique de cette œuvre lui assure une renommée internationale. La Sixième Symphonie de Dvořák et son Stabat Mater connaissent un grand succès à Londres en 1882 et 1883, ce qui entraîne de nombreuses autres représentations au Royaume-Uni. Au cours de sa carrière, il effectue plusieurs séjours en Angleterre, dirigeant souvent des concerts de ses propres œuvres. Il compose sa Septième Symphonie pour Londres en 1885. En visite en Russie en mars 1890, il dirige des concerts de sa propre musique à Moscou et à Saint-Pétersbourg. En 1891, il est nommé professeur au conservatoire de Prague. Entre 1890 et 1891, il compose son Trio Dumky, l'une de ses œuvres de musique de chambre les plus célèbres. En 1892, il s'installe aux États-Unis pour y devenir directeur du conservatoire national de musique à New York. Aux États-Unis, il compose ses deux œuvres orchestrales les plus célèbres : la Symphonie du Nouveau Monde, qui lui apporte la consécration internationale, et le Concerto pour violoncelle, l'un des plus appréciés du genre. Il passe l'été 1893 à Spillville, dans l'Iowa, et y compose son œuvre de musique de chambre la plus célèbre, un quatuor à cordes surnommé plus tard le Quatuor américain. Cependant, la crise économique d'avril 1893 affecte directement le financement du conservatoire national. Le manque à gagner, conjugué à un mal du pays grandissant, le pousse à quitter les États-Unis et à retourner en Bohême en 1895. Comblé d'honneurs, il se consacre alors principalement à la composition de poèmes symphoniques et à l'opéra. Ses dix opéras, à l'exception du premier, ont tous un livret en tchèque et visent à exprimer l'esprit national tchèque, tout comme certaines de ses œuvres chorales. Son opéra le plus célèbre est Rusalka, créé en 1901. Parmi ses œuvres plus courtes, la septième Humoresque est également largement jouée et enregistrée. Le Festival international de musique Dvořák de Prague est un important cycle de concerts organisé chaque année pour célébrer la vie et l'œuvre du compositeur.
Philosophe, théologien islamique, juriste, mathématicien et médecin arabe (1126-1198)
Ibn Rochd de Cordoue (en arabe : ٱبْنُ رُشْدٍ, Ibn Rushd), plus connu en Occident sous son nom latinisé Averroès, est un philosophe, théologien, juriste et médecin musulman andalou de langue arabe du XIIe siècle, né le 14 avril 1126 à Cordoue en Andalousie et mort le 10 décembre 1198 à Marrakech au Maroc. Il exerce les fonctions de grand cadi (juge suprême) à Séville et à Cordoue, et de médecin privé des sultans almohades, à Marrakech, à une époque charnière où le pouvoir passe des Almoravides aux Almohades. Lecteur critique d'Al-Fârâbî, d'Al-Ghazali et d'Avicenne, il est considéré comme l'un des plus grands philosophes de la civilisation islamique bien qu'il ait été accusé d'hérésie à la fin de sa vie et qu'il n'ait pas eu de postérité immédiate dans le monde musulman. Il n'a été redécouvert en Islam que lors de la Nahda au XIXe siècle, la Renaissance arabe, durant laquelle il inspire les courants rationalistes, réformateurs et émancipateurs. Dans son œuvre, Averroès a mis l'accent sur la nécessité pour les savants de pratiquer la philosophie et d'étudier la nature créée par Dieu. De ce fait, il pratique et recommande les sciences profanes, notamment la logique et la physique, en plus de la médecine. Son œuvre a une grande importance en Europe occidentale, où il a influencé les philosophes médiévaux latins et juifs dits averroïstes, comme Siger de Brabant, Boèce de Dacie, Isaac Albalag et Moïse Narboni. À la Renaissance, sa philosophie est très étudiée à Padoue. De façon générale, il est estimé des scolastiques qui l'appellent le « Commentateur » du « Philosophe » (Aristote), pour lequel ils ont une vénération commune. En revanche, Thomas d'Aquin puis les néoplatoniciens de Florence lui reprochent de nier l'immortalité et la pensée de l'âme individuelle, au profit d'un Intellect unique pour tous les hommes, qui active en eux les idées intelligibles.
Syndicaliste et homme d'État polonais
Lech Wałęsa (prononcé en polonais : [ˈlɛx vaˈwɛ̃ŋsa] ), né le 29 septembre 1943 à Popowo (Pologne, alors sous domination allemande), est un syndicaliste et homme d'État polonais. Cofondateur du mouvement Solidarność, il est président de la république de Pologne de 1990 à 1995. Électricien de formation, il travaille aux chantiers navals Lénine de Gdańsk, où il devient un militant syndical. Surveillé par le régime communiste alors en place, il est arrêté à plusieurs reprises. En 1980, il joue un rôle déterminant dans les négociations qui conduisent à la conclusion de l'accord de Gdańsk entre les grévistes et le gouvernement. Il participe alors à la création de la fédération syndicale Solidarność (« Solidarité »), qui compte jusqu'à dix millions d'adhérents. Devenu une figure emblématique de la Pologne s'affranchissant de l'influence de l'URSS, il est récompensé par le prix Nobel de la paix en 1983. La réalité de son rôle d'opposant fait cependant par la suite l'objet de controverses. En 1989, l'accord de la table ronde conduit à des élections semi-libres et à un gouvernement mené par Solidarność. L'année suivante, Lech Wałęsa remporte le second tour de l'élection présidentielle avec 74,3 % des voix face à l'homme d'affaires Stanisław Tymiński. Il devient ainsi le premier président polonais démocratiquement élu depuis 1926 et le premier à l'être au suffrage universel. Durant son quinquennat, il conduit une rapide transition de la Pologne d'une économie collectiviste à une économie de marché. À l'international, il négocie l'adhésion de son pays à l'OTAN et à l'Union européenne, qui interviendra après sa présidence. Des divisions au sein de son camp l'affaiblissent, tout comme des doutes sur sa compétence et son caractère jugé grossier. Briguant un second mandat en 1995, il est battu au second tour par le social-démocrate Aleksander Kwaśniewski, recueillant 48,3 % des suffrages exprimés. Candidat à l'élection présidentielle de 2000, il obtient seulement 1 % des voix. Il s'oppose ensuite aux gouvernements du parti Droit et justice. Bien que son image se soit ternie en Pologne, notamment en raison d'accusations de collaboration avec le pouvoir communiste, il bénéficie encore d'une aura internationale. Il a reçu nombre de récompenses étrangères et l'aéroport de Gdańsk porte son nom.
Compositeur et chef d'orchestre autrichien
Gustav Mahler (prononcé [ˈɡʊstaf ˈmaːlɐ] en allemand ), né le 7 juillet 1860 à Kaliště dans l'empire d'Autriche et décédé le 18 mai 1911 à Vienne, est un pianiste, compositeur et chef d'orchestre autrichien. Plus célèbre en son temps comme chef d'orchestre, puis après sa mort admiré en tant que compositeur, son nom reste attaché aujourd’hui à une œuvre de compositeur dont la dimension orchestrale et l'originalité musicale jettent un pont entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Il est l'auteur de dix symphonies, dont la dernière est inachevée — la réduction est complète, mais seul le premier mouvement est orchestré —, et de plusieurs cycles de lieder.
Déesse protectrice et salvatrice de la mythologie égyptienne
Isis est une reine mythique et une déesse funéraire de l'Égypte antique. Le plus souvent, elle est représentée comme une jeune femme coiffée d'un trône ou, à la ressemblance d'Hathor, d'une perruque surmontée par un disque solaire inséré entre deux cornes de vache. L'astucieuse Isis est l'une des divinités de l'Ennéade d'Héliopolis. Elle est la sœur et l'épouse du roi Osiris, un être généreux qui plaça son règne sous le signe de l'harmonie cosmique. Ce temps heureux prend subitement fin avec l'assassinat d'Osiris lors d'un complot organisé par son frère Seth, un dieu violent et jaloux. Isis retrouve le corps d'Osiris et le cache dans les marécages de Chemnis. Lors d'une partie de chasse, Seth trouve le cadavre et, fou de colère, le dépèce en quatorze morceaux. Durant une longue quête, Isis, secondée par Nephtys, Thot et Anubis, retrouve les membres disjoints et reconstitue le corps d'Osiris en le momifiant. Après avoir revivifié Osiris, Isis fait de lui le souverain éternel de la Douât, un monde paradisiaque peuplé d'esprits immortels. Pour assurer sa protection, elle le place sous la garde attentive du dieu canin Anubis, son fils adoptif. Isis, sous la forme d'un oiseau rapace, s'unit à la momie de son époux et conçoit Horus. Élevé dans les marais de Chemnis et fortifié par le lait maternel d'Isis, Horus parvient à l'âge adulte. Durant de nombreuses décennies, Horus et Isis combattent Seth, soutenu par Rê, lequel est assez mal disposé envers Horus. Après de nombreuses péripéties, Horus réussit à se faire reconnaître comme le successeur légitime de son père, devenant ainsi le modèle du pharaon idéal. Le culte d'Isis apparaît à la fin de l'Ancien Empire aux alentours du XXIVe siècle avant notre ère. D'abord cantonnée au domaine funéraire, Isis devient, durant le premier millénaire avant notre ère, une déesse très populaire à la puissance universelle. La dévotion des pharaons ptolémaïques dote la déesse Isis de deux lieux de cultes grandioses : l'Iséum en Basse-Égypte et Philæ en Nubie. Entre la fin du IVe siècle avant notre ère et la fin du IVe siècle de notre ère, le culte d'Isis se répand à travers le bassin méditerranéen et un nombre important de sanctuaires lui sont élevés en Grèce et en Italie. En ces nouveaux lieux s'opère un syncrétisme où les rites égyptiens voués à la déesse sont adaptés à la pensée religieuse gréco-romaine. L'iconographie et le culte d'Isis s'hellénisent, et, par un rapprochement avec la quête de Perséphone par Déméter (Mystères d'Éleusis), se créent les Mystères d'Isis, organisés sous la forme d'un cérémonial initiatique, progressif et secret. Face à la montée du christianisme, le culte d'Isis périclite puis disparaît au tournant des Ve et VIe siècles de notre ère. Toutefois, le souvenir d'Isis ne disparaît pas car il est entretenu par la scolastique monacale et universitaire. Cependant, la lecture des hiéroglyphes étant perdue, son image est biaisée car uniquement perçue à travers le filtre des auteurs grecs et latins de l'Antiquité tardive. Vers la fin du Moyen Âge, Isis devient un objet de curiosité de la part des érudits laïcs. Ce phénomène s'accentue durant la Renaissance. Nombreux sont alors les humanistes qui intègrent Isis à leurs objets d'étude en élaborant des mythographies historicisantes à son propos. Le mythe d'Isis se fond dans celui de la nymphe Io transformée en vache par Héra et l'aspect d'Isis est confondu avec celui de l'Artémis multimammia d'Éphèse. Au cours du siècle des Lumières, certains philosophes francs-maçons épris d'égyptomanie portent leur attention sur les Mystères d'Isis et tentent de les réinventer dans le cadre des rituels de leurs loges initiatiques. Les artistes et les poètes, quant à eux, ont sans cesse spéculé sur l'image de la déesse voilée et fait d'Isis le symbole des lois cachées de la Nature. Depuis le déchiffrement des hiéroglyphes et la mise en place de la science égyptologique au XIXe siècle, les aspects purement égyptiens de la déesse ont été redécouverts et vulgarisés par les savants auprès du grand public. La personnalité d'Isis ne s'est toutefois pas entièrement débarrassée de son aura ésotérique longuement élaborée depuis le XIVe siècle par les alchimistes et les mystagogues européens. Isis reste ainsi l'objet de réflexions théologiques et hermétiques au sein de cercles confidentiels. Depuis les années 1950, aux États-Unis surtout, Isis est particulièrement vénérée auprès des convents kémitistes de la Wicca où un culte païen moderne lui est adressé en tant que grande déesse originelle, maternelle et lunaire.
Reptile ailé légendaire pouvant cracher du feu
Le dragon est une créature légendaire représentée comme une sorte de gigantesque reptile, ailes déployées et pattes armées de griffes. Dans de nombreuses mythologies à travers le monde, on retrouve des créatures « reptiliennes » aux caractéristiques plus ou moins similaires, désignées comme « dragons ».
Érudit et explorateur berbère du XIVe siècle
Ibn Battûta (en arabe : ابن بطّوطة ; en berbère : ⵎⵉⵙ ⵏ ⵡⵓⴱⵟⵟⵓⵟ), de son nom complet ʾAbu ʿAbd Allah Muḥammad Ibn ʿAbd Allah al-Lawātī aṭ-Ṭanjī Ibn Baṭṭūṭa (أبو عبد الله محمد بن عبد الله اللواتي الطنجي بن بطوطة), né le 24 février 1304 à Tanger et mort en 1368 (ou peut-être 1377) à Fès ou Marrakech, est un explorateur et voyageur d'origine berbère qui aurait parcouru plus de 120 000 km entre 1325 et 1349, de l'ancien territoire du khanat bulgare de la Volga au nord, jusqu'à Tombouctou au sud, et de Tanger à l’ouest jusqu'à Quanzhou en Extrême-Orient. Les mémoires d'Ibn Battûta sont compilés par le lettré Ibn Juzayy al-Kalbi en un livre intitulé تحفة النظار في غرائب الأمصار وعجائب الأسفار, Tuḥfat an-Nuẓẓār fī Gharāʾib al-Amṣār wa ʿAjāʾib al-Asfār (« Cadeau précieux pour ceux qui considèrent les choses étranges des grandes villes et les merveilles des voyages »), communément appelé « Voyages » (الرحلة, Rihla). Toutefois, il faut rester prudent sur la fiabilité de quelques parties de ces écrits, certains historiens doutant qu'Ibn Battuta ait réellement effectué la totalité des pèlerinages et voyages relatés.
Espèce de mammifères
L'ours blanc (Ursus maritimus), aussi connu sous le nom d'ours polaire, est un grand mammifère omnivore (à prédominance carnivore) originaire de l'Arctique. C'est, avec l'ours kodiak et l'éléphant de mer, l'un des plus grands carnivores terrestres et il préside au sommet de sa pyramide alimentaire. Parfaitement adapté à son habitat, l'ours blanc possède une épaisse couche de graisse ainsi qu'une fourrure qui l'isolent du froid. La couleur blanche de son pelage lui assure un camouflage idéal sur la banquise et sa peau noire lui permet de mieux conserver sa chaleur corporelle. Pourvu d'une courte queue et de petites oreilles, il possède une tête relativement petite et fuselée ainsi qu'un corps allongé, caractéristiques de son adaptation à la natation. L'ours blanc est parfois considéré comme un mammifère marin semi-aquatique, dont la survie dépend essentiellement de la banquise et de la productivité marine. Il chasse aussi bien sur terre que dans l'eau. Son espérance de vie est de quinze à trente ans. Cette espèce vit uniquement sur la banquise autour du pôle Nord, au bord de l'océan Arctique. L'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estime la population d'ours blancs à environ 26 000 individus. Elle considère l'espèce comme vulnérable (VU), principalement en raison du réchauffement climatique et du bouleversement de son habitat qui en résulte. En 2015, Morten Jørgensen conclut au contraire que la principale menace pesant sur l'ours polaire est la chasse, loin devant le changement climatique, et estime la population inférieure à 20 000 individus. Animal charismatique, l'ours blanc a un fort impact culturel sur les peuples Inuits, qui dépendent toujours de sa chasse pour survivre. Il a également marqué la culture populaire via certains de ses représentants comme Knut, ou encore l'art avec la sculpture d'ours blanc réalisée par François Pompon. Le parc national Wapusk au Manitoba, au Canada, est connu pour être la capitale mondiale des ours polaires. C’est l’un des meilleurs endroits pour voir ces ours dans leur environnement, particulièrement à leur arrivée en automne, alors qu’ils attendent que la baie d'Hudson gèle, afin de pouvoir y chasser le phoque.
Mustelidae du genre Meles
Le Blaireau européen (Meles meles), parfois désigné sous le nom de Blaireau commun, ou plus rarement sous la dénomination traditionnelle de Taisson, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des mustélidés. Il s’agit du Blaireau au sens strict. Très reconnaissable à son aspect trapu et court sur pattes, ainsi qu’aux bandes longitudinales noires qu'il porte sur sa face blanche, il s’agit d’un animal fouisseur, capable de construire de vastes galeries « familiales ». C’est aussi la deuxième plus grosse espèce de Mustélidés d'Europe après le Glouton Gulo gulo. il peut atteindre 70 cm de long (90 cm avec la queue, qui mesure 20 cm environ), pour 25 à 30 cm au garrot et jusqu'à une vingtaine de kilogrammes (12 kg en moyenne). Il possède 34 dents. Il présente parfois une très petite prémolaire derrière les canines. Cette espèce vit potentiellement dans presque toute l'Europe du Nord et de l’Ouest et une partie du nord de l'Asie centrale et du nord, au sud du cercle polaire (jusqu'à 2 000 m d'altitude en France).
Philosophe stoïcien, dramaturge et homme d'État romain
Sénèque (en latin Lucius Annaeus Seneca), parfois nommé Sénèque le Jeune, Sénèque le Philosophe ou Sénèque le Tragique, né vers l'an 4 av. J.-C. à Corduba et mort le 12 avril 65 à Rome, est un homme d'État romain, un philosophe et un dramaturge. Conseiller à la cour impériale sous Caligula puis Claude, il est exilé en 41 en Corse, où il écrit ses premiers traités philosophiques avant d'être rappelé comme tuteur du jeune Néron. Lorsque celui-ci accède au pouvoir, il devient son conseiller puis l'un des personnages les plus influents de l'Empire, aux côtés du préfet du prétoire Burrus. La mort de ce dernier en 62 précipite la disgrâce de Sénèque, qui est acculé au suicide par ordre de Néron. Ses traités philosophiques comme De la brièveté de la vie, De la colère ou De la vie heureuse, et surtout ses Lettres à Lucilius exposent ses conceptions philosophiques stoïciennes. Ses tragédies constituent l'un des meilleurs exemples du théâtre tragique latin, certaines œuvres nourriront le théâtre classique français du XVIIe siècle, comme Œdipe, Phèdre ou Médée.
Compositeur franco-allemand du XIXe siècle
Jacques Offenbach /ʒak ɔfɛnbak/ (de l'allemand Jakob Offenbach /ˈjaːkɔp ˈɔfn̩ˌbax/), né le 20 juin 1819 à Cologne et mort le 5 octobre 1880 à Paris, est un compositeur et violoncelliste prussien naturalisé français.
Espèce d'oiseaux de la famille des Anatidés
Le Canard colvert, col-vert (Anas platyrhynchos), ou Canard malard au Canada, est une espèce d'oiseaux de l'ordre des Ansériformes, de la famille des Anatidae et de la sous-famille des Anatinae. C'est certainement le plus connu et reconnaissable de tous les canards, du fait de l'existence de races de canards domestiques issues de cette espèce.
Physicien allemand
Werner Heisenberg, né le 5 décembre 1901 à Wurtzbourg (Empire allemand) et mort le 1er février 1976 à Munich (Allemagne de l'Ouest), est un physicien allemand qui est l'un des fondateurs de la mécanique quantique, notamment en mettant en évidence le principe d'incertitude et en développant la formulation probabiliste de la fonction d'onde. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe aux recherches atomiques sous le Troisième Reich et fait de la propagande en faveur de l'Allemagne nazie. Capturé après la guerre, il est relâché après plusieurs mois de captivité et retourne en Allemagne, où il poursuit une carrière académique. Il est lauréat du prix Nobel de physique de 1932 « pour la création de la mécanique quantique, dont l’application a mené, entre autres, à la découverte des variétés allotropiques de l'hydrogène ». Selon des scientifiques et des historiens, Heisenberg n'avait aucun scrupule à développer une bombe atomique pour le compte du régime nazi, mais ce jugement n'est pas largement partagé parmi les spécialistes.
Écrivain péruvien
Mario Vargas Llosa [ˈmaɾjo ˈβarɣas ˈ ˈʝosa], marquis de Vargas Llosa, né le 28 mars 1936 à Arequipa (région d'Arequipa, Pérou) et mort le 13 avril 2025 à Lima (Pérou), est un écrivain péruvien naturalisé espagnol. Auteur de romans et d'essais politiques, il est notamment lauréat du prix Nobel de littérature 2010 « pour sa cartographie des structures du pouvoir et ses images aiguisées de la résistance de l'individu, de sa révolte et de son échec ». Comme beaucoup d'auteurs hispano-américains, Mario Vargas Llosa s’engage activement en politique, avec des opinions qui passent progressivement du communisme au libéralisme, jusqu'à un soutien à des candidats de l'extrême droite chilienne et brésilienne. Candidat à l'élection présidentielle péruvienne de 1990 avec le soutien de la coalition libérale de centre droit Front démocratique, il est battu au second tour par le populiste de droite Alberto Fujimori. En 2021, il est élu à l'Académie française, devenant le premier membre de cette institution à n’avoir jamais écrit un ouvrage en français, bien qu’il parle cette langue couramment et qu’il ait été le premier écrivain étranger à être publié à la Pléiade de son vivant. En outre, il a été élu malgré la limite d'âge de 75 ans.
Préfet romain de Judée entre 26 et 36 après J.C
Ponce Pilate (en latin Pontius Pilatus, en grec ancien Πόντιος Πιλᾶτος, Póntios Pilátos), né à un endroit inconnu, vraisemblablement vers la fin du Ier siècle av. J.-C., est un citoyen romain membre de la classe équestre qui, à partir de 26, sous le règne de l'empereur Tibère, et durant dix à onze ans, a occupé la charge de préfet de Judée. Il est essentiellement connu pour avoir, selon les Évangiles, ordonné la Crucifixion à l'issue du procès de Jésus, ce qui a conféré une notoriété exceptionnelle à ce simple gouverneur de province. L’historien juif Flavius Josèphe et le philosophe Philon d’Alexandrie mentionnent des tensions et des actes de violence entre la population juive et l’administration de Pilate. Ces textes attestent qu'il aurait offensé la sensibilité religieuse des Juifs de Judée. Il est rappelé à Rome à la fin de 36 ou au début de 37, par le proconsul de Syrie Lucius Vitellius, afin de s'expliquer devant l'empereur Tibère, qui meurt entre-temps. Après son retour à Rome, l'histoire perd sa trace. La pauvreté des sources historiques a permis le développement de légendes et d'hypothèses non attestées historiquement à son sujet, comme celles qui veulent qu'il ait été exilé, qu'il ait fini martyr à Rome ou encore qu'il se soit suicidé en Gaule, à Lyon ou à Vienne. L'Église éthiopienne orthodoxe le vénère comme saint et martyr avec sa femme, tandis que les Églises grecques orthodoxes honorent seulement celle qui, selon la tradition chrétienne, aurait été son épouse sous le nom de Claudia Procula.
Linguistes allemands du XIXe siècle, philologues, auteurs et collecteurs de contes traditionnels
Les frères Grimm (en allemand : Brüder Grimm ou Gebrüder Grimm) sont deux linguistes, philologues et collecteurs de contes de langue allemande : Jacob Grimm, né le 4 janvier 1785 à Hanau et mort le 20 septembre 1863 à Berlin, et Wilhelm Grimm, né le 24 février 1786 à Hanau et mort le 16 décembre 1859 à Berlin.
Physicienne et chimiste française
Irène Joliot-Curie , née le 12 septembre 1897 à Paris et morte le 17 mars 1956 à Paris 5e, est une chimiste, physicienne et femme politique française. Elle est la fille de Pierre et Marie Curie et a obtenu le prix Nobel de chimie en 1935 pour la découverte de la radioactivité induite et de la radioactivité artificielle, conjointement avec son époux, Frédéric Joliot-Curie. Elle a aussi été une des trois premières femmes membre d'un gouvernement français, en devenant sous-secrétaire d'État à la Recherche scientifique, sous le Front populaire en 1936. En 1945, elle est l'un des six commissaires du nouveau Commissariat à l'énergie atomique (CEA) créé par de Gaulle et le Gouvernement provisoire de la République française. Elle meurt à Paris le 17 mars 1956 d'une leucémie aiguë liée à son exposition au polonium et aux rayons X, la même maladie qui avait emporté sa mère.
Compositeur français
Alexandre-César-Léopold Bizet, plus connu sous le nom de Georges Bizet, est un compositeur français né le 25 octobre 1838 à Paris et mort le 3 juin 1875 à Bougival (Seine-et-Oise). C'est l'un des compositeurs les plus connus de la période romantique. Il l'est surtout pour ses opéras, dont le très populaire Carmen, et ses suites orchestrales, créés sur une courte période, puisqu'il meurt prématurément à l'âge de 36 ans.
Homme d'État cambodgien, roi du Cambodge
Norodom Sihanouk (en khmer : នរោត្តម សីហនុ, Nôroŭtdám Seihănŭ, /nɔroːtɗɑm səjhanuʔ/), né le 31 octobre 1922 à Phnom Penh et mort le 15 octobre 2012 à Pékin, est un homme d'État cambodgien, figure dominante de la vie politique de son pays dans la seconde moitié du XXe siècle. Il a été tour à tour et parfois simultanément roi, Premier ministre, « chef d'État » du royaume, chef de plusieurs gouvernements en exil, puis à nouveau roi. Nommé le 24 avril 1941, à l'âge de 18 ans, roi du Cambodge alors sous protectorat français, il fait accéder son pays à l’indépendance le 17 octobre 1953 avant d’abdiquer, le 3 mars 1955, au profit de son père pour remplir un rôle politique que la constitution refuse à sa fonction royale. Ayant fondé son propre parti politique, le Sangkum Reastr Niyum, Sihanouk dirige sans partage le royaume du Cambodge, d'abord comme Premier ministre, puis, après la mort de son père, en tant que « chef d'État ». Il fait, pendant la guerre froide, le choix du neutralisme, mais son hostilité envers l'ingérence américaine en Asie du Sud-Est le pousse à se rapprocher de l'URSS et de la Chine, tout en réprimant les communistes cambodgiens. Dirigeant autocratique, il est chassé du pouvoir le 18 mars 1970 par l'aile droite de son mouvement et forme alors un front de résistance avec ses anciens adversaires communistes, les Khmers rouges. Ces derniers prennent le pouvoir le 17 avril 1975 ; Sihanouk, officiellement chef de l'État, est cantonné dans un rôle de pure figuration. Il démissionne le 2 avril 1976 et est alors assigné à résidence tandis que les Khmers rouges massacrent une partie de la population du pays. Le Cambodge est envahi le 25 décembre 1978 par l'armée vietnamienne. Sihanouk, réfugié à l'étranger, prend le 22 juin 1982 la tête d'une coalition qui continue à inclure les Khmers rouges contre l'occupation vietnamienne. Après des accords de paix, il rentre au Cambodge et partage alors le pouvoir avec les anciens communistes provietnamiens, tandis que les Khmers rouges sont exclus de la transition politique. Redevenu roi le 24 septembre 1993, il abdique le 7 octobre 2004. Qualifié de « fou génial » par le général de Langlade, ancien responsable militaire de l'Indochine française, ses détracteurs lui reprochent son instabilité, alors que ses sympathisants louent sa capacité à retourner des situations qui paraissaient compromises. Quand il était vénéré comme un dieu-roi, il se faisait appeler Samdech Euv (« Monseigneur Papa »), mais après son abdication, en 2004, il prit le titre officiel de Preah Karuna Preah Moha Virak Ksatr Preah Vorakreach Beida Cheat en khmer, traduit par « roi-père » dans les langues occidentales. Considéré comme l'un des pères fondateurs de la francophonie, avec le Sénégalais Léopold Sédar Senghor et le Nigérien Hamani Diori, Norodom Sihanouk était également, à ses heures, réalisateur de films.
Prophète et fondateur du zoroastrisme (entre 1500 av. J.-C. et 550 av. J.-C.)
Zoroastre, aussi appelé Zarathushtra ou Zarathoustra, est une figure considérée comme le prophète et fondateur du zoroastrisme. Il est difficile, étant donné cette époque reculée et l'importance du personnage, sources de nombreuses narrations épiques et même d'affabulations, de donner des dates et des lieux précis à son sujet. Il serait né dans le Nord ou l'Est de l'actuel Iran. Traditionnellement, l'histoire de sa vie est présentée comme se déroulant entre les VIIe et VIe siècles av. J.-C. mais de nouvelles études tendent aujourd'hui à repousser cette estimation pour finalement situer sa vie entre les XVe et XIe siècles av. J.-C.. Quelques bribes de sa vie sont connues grâce aux hymnes gathiques (en persan "gathas" گاتاها) de l'Avesta (en persan اوستا), rédigés en vieux Persan, tandis que le reste de l'Avesta est composé de "vedas" (hymnes) rédigés dans une langue indo-iranienne archaïque, vieille d'environ 3 000 ans, l'avestique. Cette dernière se montre très proche des textes védiques indiens du Rig-Véda, où l'on retrouve le même type de grammaire que dans le livre saint de Zoroastre. On le connaît aussi à travers la tradition qui rapporte un récit épique de sa vie, tel un scénario exemplaire empli d'événements surnaturels et de miracles. Il est donc perçu comme un personnage historique, mais les dates à son sujet sont très discutées. Dès le IVe siècle Eusèbe de Césarée, évêque et écrivain, écrit dans sa Préparation Évangélique : « La plus belle définition de la divinité qui se trouve parmi les Anciens est celle de Zoroastre. » Depuis les années 1980, une partie des chercheurs ont toutefois émis l'hypothèse que Zarathustra ne serait pas une figure historique, mais mythologique. En effet, en dehors des témoignages étrangers ou tardifs, les Gathâs, la partie la plus ancienne de l'Avesta, font de Zarathustra la figure idéale du prêtre, et non l'auteur ou le prophète à l'origine d'une réforme religieuse comme on a tendance à le croire.
Duc de Bourgogne et souverain des Pays-Bas bourguignons
Charles de Bourgogne, dit Charles le Hardi ou Charles le Travaillant, plus connu sous son surnom posthume de Charles le Téméraire, né le 10 novembre 1433 à Dijon et mort le 5 janvier 1477 près de Nancy (duché de Lorraine), est, après Philippe le Hardi, Jean sans Peur et Philippe le Bon, le quatrième et dernier duc de Bourgogne de la maison de Valois, seigneur et maître d'un ensemble de provinces connu aujourd'hui sous le nom d'État bourguignon. Après s'être illustré, en 1465, lors de la Ligue du Bien public, une coalition formée contre le roi de France, Louis XI, Charles le Téméraire monte sur le trône de Bourgogne en 1467, à la mort de son père. Se considérant comme un souverain de plein droit, son règne est marqué par un affrontement constant avec son cousin Louis XI, qui revendique la suzeraineté sur une partie de ses terres, censée relever du royaume de France. Dans le même temps, il se rapproche de l'empereur germanique Frédéric III et du roi d'Angleterre Édouard IV d'York, dont il épouse la sœur. Comme son père avant lui, il est l'un des princes les plus puissants de la chrétienté, grâce notamment à la richesse de ses territoires et au prestige de sa cour. Après avoir cherché, en vain, à obtenir le titre de « roi des Romains », il s'attelle à la réforme administrative de son État, qu'il consolide en tentant d'en faire une entité géographique et politique continue, par la réunion de ses possessions septentrionales et méridionales (ce qu'il fait par l'acquisition de la Haute-Alsace puis l'annexion de la Lorraine), afin de les ériger à terme en un royaume indépendant, ressuscitant l'ancienne Lotharingie. Ses ambitions démesurées se heurtent à de nombreuses oppositions en Europe. À la fin de son règne, les guerres de Bourgogne le confrontent aux Confédérés suisses, aux Lorrains et aux Strasbourgeois. Cette coalition, financièrement soutenue par Louis XI, finit par avoir raison de lui à la bataille de Nancy du 5 janvier 1477, lors de laquelle il est tué. Il laisse derrière lui une fille unique, Marie, qui, afin de faire face aux prétentions du roi de France, épouse l'archiduc Maximilien d'Autriche, première étape de la rivalité centenaire entre la France et les Habsbourg.