Cartes
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Personnification du mal
Être
Peintre et graveur espagnol (1746-1828)
Francisco José de Goya y Lucientes, dit Francisco de Goya, né le 30 mars 1746 à Fuendetodos, près de Saragosse, et mort le 16 avril 1828 à Bordeaux, en France, est un peintre et graveur espagnol. Son œuvre inclut des peintures de chevalet, des peintures murales, des gravures et des dessins. Il introduisit plusieurs ruptures stylistiques qui initièrent le romantisme et annoncèrent le début de la peinture contemporaine. L’art goyesque est considéré comme précurseur des avant-gardes picturales du XXe siècle. Après un lent apprentissage dans sa terre natale, baigné dans le style baroque tardif et les images pieuses, il voyage en Italie en 1770, où il entre en contact avec le néo-classicisme qu’il adopte lorsqu’il s’installe à Madrid au milieu de la décennie, en parallèle avec un style rococo lié à son emploi de dessinateur de tapisserie pour la manufacture royale Santa Barbara. Son enseignement, tant dans ces activités que comme peintre de la Chambre, était assuré par Anton Raphael Mengs, alors que le peintre espagnol le plus réputé était Francisco Bayeu, beau-frère de Goya. Il fut atteint de surdité en 1793 qui le rapproche de peintures plus créatives et originales, autour de thèmes moins consensuels que les modèles qu’il avait peints pour la décoration des palais royaux. Une série de tableaux en fer-blanc, qu’il nommait « caprice et invention », amorce la phase de maturité du peintre et sa transition vers l’esthétique romantique. Son œuvre reflète de plus les caprices de l’histoire de son temps, et surtout les bouleversements des guerres napoléoniennes en Espagne. La série d’estampes Les Désastres de la guerre est presque un reportage moderne sur les atrocités commises et met en avant-plan un héroïsme où les victimes sont des individus qui n’appartiennent ni à une classe ni à une condition particulière. La célébrité de son œuvre La Maja nue est en partie liée aux controverses sur l’identité de la belle femme qui lui servit de modèle. Au début du XIXe siècle, il commence également à peindre d’autres portraits et ouvre ainsi la voie à un nouvel art bourgeois. À la fin du conflit franco-espagnol, il peint deux grandes toiles sur le soulèvement du 2 mai et 3 mai 1808 qui établissent un précédent tant esthétique que thématique sur les tableaux historiques, qui non seulement informe sur les événements vécus par le peintre, mais également lance un message d'humanisme universel. Son chef-d’œuvre est la série des Peintures noires, peintes à l’huile sur les murs de sa maison de campagne. Avec elles, Goya anticipe la peinture contemporaine et différents mouvements avant-gardistes du XXe siècle.[réf. nécessaire]
Romancier, poète et dramaturge espagnol (1547-1616)
Miguel de Cervantes, parfois francisé en Michel de Cervantès (de son nom complet Miguel de Cervantes Saavedra [miˈɣel de θeɾˈβantes saaˈβeðɾa]), né le 29 septembre 1547 à Alcalá de Henares et enterré le 23 avril 1616 à Madrid, est un romancier, poète et dramaturge espagnol. Il est célèbre pour son roman L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, publié en 1605 et reconnu comme le premier roman moderne. Cervantes mène d'abord une vie aventureuse de soldat et participe à la bataille de Lépante en 1571, où il perd l'usage de la main gauche. Cette main paralysée lui vaut le surnom de « Manchot de Lépante ». Il a alors 24 ans. Le 26 septembre 1575, à son retour vers l'Espagne, il est capturé par le barbaresque Mami Arnaute avec son frère, Rodrigo, et, malgré quatre tentatives d'évasion, il reste captif à Alger. En 1580, il est racheté par les Trinitaires en même temps que d'autres prisonniers espagnols et regagne son pays. Marié, séparé de son épouse et occupant diverses fonctions, il se lance alors dans l'écriture par le roman pastoral La Galatea en 1585. En 1605, il publie la première partie de ce qui reste comme son chef-d'œuvre : L'ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche dont la deuxième partie ne paraît qu'en 1615. Sa parodie grandiose des romans de chevalerie et la création des personnages mythiques de Don Quichotte, Sancho Panza et Dulcinée, ont fait de Cervantes la plus grande figure de la littérature espagnole et l'un des romanciers les plus éminents du monde. Son roman Don Quichotte a été traduit dans plus de 140 langues et dialectes et fait partie des livres les plus traduits au monde. Ses premières œuvres théâtrales, peu appréciées de son vivant, ont pourtant donné lieu à de nombreuses imitations. En particulier, la tragédie en vers Le Siège de Numance, écrite de 1581 à 1583, a connu entre 1600 et 1813 cinq imitations sous des titres divers et a inspiré à Lope de Vega La Sainte Ligue.
Romancier, dramaturge, conteur et poète danois (1805–1875)
Hans Christian Andersen, né le 2 avril 1805 à Odense et mort le 4 août 1875 à Copenhague, est un romancier, dramaturge, conteur et poète danois, célèbre pour ses nouvelles et ses « contes de fées ». Longtemps ignoré ou tourné en dérision dans son pays, où l'on a raillé son égocentrisme, il n'est reconnu tout d'abord qu'à l'étranger : en Angleterre où il rencontre Charles Dickens et où il devient « le dandy de la saison », en Allemagne où il se lie avec Adelbert von Chamisso, en France où il se lie avec Heinrich Heine, Honoré de Balzac et Alphonse de Lamartine chez Virginie Ancelot. Ses nombreux voyages (Turquie, Italie, Suisse, Espagne) lui inspirent des récits qui constituent la meilleure partie de son œuvre, après les contes. Mais ses compatriotes lui reprochent de parcourir le monde uniquement pour y trouver la célébrité, et ses récits sont mieux accueillis en Allemagne, où le roi lui décerne l'ordre de l'Aigle rouge en 1846, et dans d'autres pays d'Europe. Andersen a un talent particulier pour se faire des amis à l'étranger, contrairement aux autres écrivains scandinaves. Alexandre Dumas l'appelle « le bon, l'aimable poète danois ». Bien que ses romans et pièces de théâtre n'aient pas connu le succès qu'il souhaitait, Andersen a tout de même été apprécié et reconnu de son vivant dans son pays grâce à ses contes pour enfants, traduits et appréciés dans le monde entier, mais aussi grâce à sa personnalité étrange et attachante. En décembre 1860, il est reçu par le roi Christian IX de Danemark à Copenhague comme un membre de la famille et devient le conteur de ses enfants. Il est alors le plus célèbre de tous les Danois vivants. Andersen goûte avec délectation cette revanche sur sa vie d'enfant pauvre et méprisé. « Ma vie est un beau conte de fées, riche et heureux », ainsi commence sa dernière autobiographie (Mit Livs Eventyr) dans laquelle il déclare voir sa vie sous un angle romanesque. Le comportement anthropomorphique d'animaux dans certains de ses contes ramène à une parabole autobiographique, tel Le Vilain Petit Canard où l'on reconnaît les tribulations d'Andersen avant sa « transformation » en cygne. La première publication complète de ses œuvres à Leipzig en 1848 comprend cinq volumes, à laquelle se sont rajoutés les 34 volumes de celle de 1868.
Philosophe et mathématicien grec (vers 580-vers 495 avant JC)
Pythagore (en grec ancien : Πυθαγόρας / Puthagóras) est un philosophe présocratique qui serait né aux environs de 580 av. J.-C. à Samos, une île du sud-est de la mer Égée ; on situe sa mort vers 495 av. J.-C., à l'âge de 85 ans. Il a introduit la notion de métempsycose dans le monde grec ; son nom est aussi lié aux mathématiques, à la philosophie des nombres ainsi qu'à la notion d'harmonie céleste — même si l'approfondissement de ces notions est plutôt dû à ses disciples et épigones, ceux que l'on appelle les pythagoriciens. Par ailleurs, maître de sagesse charismatique, il a fondé en Italie du Sud, à Crotone, une communauté à mi-chemin entre la politique et la philosophie, qui s'est distinguée par son mode de vie spécifique. Si nous sommes assurés de l'existence de Pythagore, sa biographie n'est pas précise. Ses contributions aux sciences restent nommées, certains de ses déplacements sont connus, son origine et son contexte social et familial sont également identifiés, mais les écrits sur sa vie sont quasi inexistants. Son nom (étymologiquement, Pyth-agoras : « celui qui a été annoncé par la Pythie ») provient de l'annonce de sa naissance faite à son père lors d'un voyage à Delphes. Aucun écrit qui peut lui être attribué n'est identifiable. Cependant, dès les IIe et IIIe siècles de notre ère, un certain nombre d'ouvrages et si les soixante-et-onze lignes des Vers d’Or ont longtemps été considérées de sa main, il s'agit probablement d'apocryphes mais qui témoignent de l'extraordinaire légende qui s'est créée autour de son nom. Le néopythagorisme est néanmoins empreint d'une mystique des nombres qui était déjà présente dans la pensée de Pythagore. L'influence de la pensée pythagoricienne est entretenue dans de nombreux cercles intellectuels. Hérodote voyait en celui qu'il appelait « le sage Pythagore (…) l'un des plus grands esprits de la Grèce », et Pythagore jouira d'un grand prestige au fil des siècles, Hegel disant de lui qu'il était « le premier maître universel ». Selon une remarque d’Héraclide du Pont rapportée par Cicéron, Pythagore serait le premier penseur grec à s’être qualifié lui-même de φιλόσοφος (philosophos), dont le sens est « ami du savoir ou de la sagesse » : « Par la même raison, sans doute, tous ceux qui se sont attachés depuis aux sciences contemplatives, ont été tenus pour Sages, et ont été nommés tels, jusques au temps de Pythagore, qui mit le premier en vogue le nom de philosophes. Héraclide du Pont, disciple de Platon, et très habile homme lui-même, en raconte ainsi l'histoire. Un jour, dit-il, Léon, roi des Phliasiens, entendit Pythagore discourir sur certains points avec tant de savoir et d'éloquence, que ce prince, saisi d'admiration, lui demanda quel était donc l'art dont il faisait profession. À quoi Pythagore répondit, qu'il n'en savait aucune ; mais qu'il était philosophe. Et sur ce, le roi, surpris de la nouveauté de ce nom, le pria de lui dire qui étaient donc les philosophes, et en quoi ils différaient des autres hommes. » — Cicéron, Tusculanes, V, 3, § 8
Groupe de musique américain
The Doors [ðə ˈdɔɹz] (littéralement en français « Les Portes ») est un groupe américain de rock, originaire de Los Angeles, en Californie. Il est formé en juillet 1965 et dissous en 1973, deux ans après la mort du chanteur Jim Morrison en 1971. Malgré une existence plutôt brève, The Doors est l'un des groupes les plus marquants et les plus fascinants de l'histoire du rock, et sa musique a influencé de nombreux artistes. Très populaires pendant leurs années d'activité grâce à des titres comme Break on Through (To the Other Side) ou Light My Fire, les quatre musiciens connurent cependant une plus grande popularité après leur dissolution notamment en raison du culte voué à leur chanteur, Jim Morrison, poète et créateur charismatique, dont la vie tumultueuse et la mort précoce ont contribué à créer la légende. Les Doors ont vendu plus de 32,5 millions d'albums aux États-Unis et plus de 100 millions à travers le monde. Affilié à la scène du rock psychédélique, le groupe s'est distingué par une musique protéiforme et assez particulière, empruntant à la fois au blues (Cars Hiss by My Window), à la pop (Touch Me), au funk (Peace Frog), au jazz (Shaman's Blues) mais aussi au flamenco (Spanish Caravan), et à l’opéra (Alabama Song), et profondément influencée par l'art et la poésie en particulier. Toutes ces caractéristiques ont fait des Doors un groupe « culte » qui a inspiré de nombreux artistes. Les Doors sont introduits au Rock and Roll Hall of Fame en 1993.
Écrivain, philosophe et encyclopédiste français
Denis Diderot, né le 5 octobre 1713 à Langres et mort le 31 juillet 1784 à Paris, est un écrivain, philosophe et encyclopédiste français des Lumières, à la fois romancier, dramaturge, conteur, essayiste, critique d'art, critique littéraire et traducteur. Qualifié de « Prométhée des Lumières », Diderot était doté d’une curiosité inlassable, d’une extrême sensibilité et d’une mémoire prodigieuse, si bien que son érudition couvrait un vaste éventail de domaines, allant de l’histoire ancienne à la chimie, en passant par les mathématiques et la physiologie. En plus de ses essais sur des questions de biologie, d’économie, de physique, d’éducation et de politique, il a laissé son empreinte dans l’histoire des divers genres littéraires auxquels il s’est essayé. Au théâtre, il pose les bases du drame bourgeois et recommande à l’acteur de s’adresser à un quatrième mur dans Paradoxe sur le comédien. Il révolutionne le roman avec La Religieuse et la parodie du roman avec Jacques le Fataliste et son maître, explore diverses formes de dialogue philosophique dans Le Rêve de d’Alembert, Le Neveu de Rameau et Ceci n'est pas un conte, et développe le genre de la critique d'art à travers ses Salons. En outre, il est durant vingt ans la cheville ouvrière d’un des ouvrages les plus marquants de son siècle, la célèbre Encyclopédie, grâce à laquelle il est en contact avec les recherches scientifiques les plus récentes et pour laquelle il rédige quelque 5 000 articles, en partie de façon clandestine, expliquant notamment les grandes religions et les techniques artisanales tout en dénonçant les croyances erronées auxquelles il applique des principes de méthodologie historique. Surnommé « le philosophe » par ses contemporains, il professe un matérialisme à fondement scientifique — ce qui lui vaudra plus de trois mois de prison — et montre les rapports entre les sens et les idées, même les plus purement intellectuelles. Sans cesse en lutte contre le dogmatisme religieux et l’intolérance, il est un des principaux représentants du mouvement des Lumières avec Voltaire et son ami Rousseau — avec qui il aura une rupture déchirante. Invité à Saint-Pétersbourg par l’impératrice de Russie Catherine II, il tentera en vain de la convaincre d’adopter un système de gouvernement démocratique. Profondément épris de justice et de liberté, il donne un fondement philosophique à la révolution et dresse un réquisitoire sans appel contre le colonialisme et la pratique de l’esclavage. Même s’il a beaucoup contribué par ses écrits à la chute de l’Ancien Régime, il est rejeté par la Révolution française en raison de son athéisme. Cet écrivain qui disait écrire pour les générations futures devra attendre la fin du XIXe siècle pour que son œuvre soit redécouverte. Certains de ses textes sont restés inédits jusqu’au XXIe siècle.
Dramaturge de la Grèce antique
Sophocle (en grec ancien Σοφοκλῆς / Sophoklễs), né à Colone en -495 et mort en -406, est l'un des trois grands dramaturges grecs dont l'œuvre nous est partiellement parvenue, avec Eschyle et Euripide. Il est principalement l'auteur de cent vingt-trois pièces (dont une centaine de tragédies), mais dont seules huit nous sont parvenues, dont une de façon fragmentaire (Les Limiers). Cité comme paradigme de la tragédie par Aristote, notamment pour l'usage qu'il fait du chœur et pour sa pièce Œdipe roi, il remporte également le nombre le plus élevé de victoires au concours tragique des grandes Dionysies (dix-huit), et n'y figure jamais dernier. Son théâtre rompt avec la trilogie « liée » et approfondit les aspects psychologiques des personnages. Ses pièces mettent en scène des héros, souvent solitaires et même rejetés (Ajax, Antigone, Œdipe, Électre) et confrontés à des problèmes moraux desquels naît la situation tragique. Comparé à Eschyle, Sophocle ne met pas ou peu en scène les dieux, qui n'interviennent que par des oracles dont le caractère obscur trompe souvent les hommes, sur le mode de l'ironie tragique.
Compositeur français
Claude Debussy est un compositeur français né le 22 août 1862 à Saint-Germain-en-Laye et mort le 25 mars 1918 à Paris. En posant en 1894 avec Prélude à l'Après-midi d'un faune le premier jalon de la musique moderne, Debussy place d'emblée son œuvre sous le sceau de l'avant-garde musicale. Il est brièvement wagnérien en 1889, puis anticonformiste le reste de sa vie, en rejetant tous les académismes esthétiques. Avec La Mer, il renouvelle la forme symphonique ; avec Pelléas et Mélisande, l’opéra français sort des ornières de la tradition du drame lyrique, tandis qu’il confère à la musique de chambre, avec son quatuor à cordes, des accents impressionnistes inspirés. Une part importante de son œuvre est pour le piano et utilise une palette sonore particulièrement riche et évocatrice. Claude Debussy laisse l’image d’un créateur original. Son influence sera décisive dans l’histoire de la musique.
Écrivain, poète et dramaturge irlandais
Samuel Beckett, né le 13 avril 1906 à Cooldrinagh (Irlande) et mort le 22 décembre 1989 dans le 14e arrondissement de Paris, est un écrivain, poète et dramaturge irlandais d'expression principalement française et anglaise, lauréat du prix Nobel de littérature en 1969. Il est l'auteur de romans, tels que Molloy, Malone meurt et L'Innommable et de poésies en prose, mais il est surtout connu pour son œuvre théâtrale. Sa pièce de théâtre la plus célèbre est En attendant Godot, chef-d'œuvre du théâtre de l'absurde. Son œuvre est austère et minimaliste, ce qui est généralement interprété comme l'expression d'un profond pessimisme face à la condition humaine. Ce pessimisme n'exclut cependant pas l'humour, omniprésent chez l'auteur, l'un étant au service de l'autre, pris dans le cadre plus large d'une immense entreprise de dérision. Avec le temps, il traite ces thèmes dans un style de plus en plus lapidaire, tendant à rendre sa langue de plus en plus concise et sèche. En 1969, il reçoit le prix Nobel de littérature pour « son œuvre, qui à travers un renouvellement des formes du roman et du théâtre, prend son élévation dans la destitution de l'homme moderne ».
Empereur romain de 98 à 117
Trajan, né sous le nom de Marcus Ulpius Traianus le 18 septembre 53 à Italica, en Bétique (actuellement l'Andalousie, en Espagne) à dix kilomètres de l'actuelle Séville, et mort le 8 ou 9 août 117 à Selinus, en Cilicie (sud de l'Anatolie), est empereur romain de fin janvier 98 à août 117. À sa mort, il porte le nom et les surnoms d'Imperator Caesar Divi Nervae Filius Nerva Traianus Optimus Augustus Germanicus Dacicus Parthicus. Trajan est issu de la gens des Ulpii, installée en Hispania Bétique dans la ville d'Italica, fondée en 206 av. J.-C. par des colonisateurs romains. Il est resté dans l’historiographie comme le « meilleur des empereurs romains » (optimus princeps). Après le règne de Domitien et la fin de la dynastie des Flaviens, le court règne de Nerva et surtout celui de Trajan marquent le fondement de la dynastie dite des « Antonins ». Trajan prend de l'importance sous le règne de l'empereur Domitien, dont les dernières années sont marquées par les persécutions et les exécutions de sénateurs romains. En septembre 96, après l'assassinat de Domitien, empereur sans enfant, par des membres de sa cour, Nerva, un ancien consul, monte sur le trône, mais se révèle impopulaire auprès de l'armée. Après une brève et tumultueuse année au pouvoir, une révolte des membres de la garde prétorienne affaiblit son pouvoir et le contraint à répliquer en adoptant le populaire général Trajan comme son héritier et successeur. Nerva, âgé et sans enfant, décède fin janvier 98 et son fils adoptif lui succède sans incident. On considère généralement que c’est sous son règne que l’Empire romain connaît sa plus grande extension avec les conquêtes éphémères de l’Arménie et de la Mésopotamie, et celle plus pérenne de la Dacie ainsi qu'avec l'annexion du royaume nabatéen de Pétra qui donne naissance à la province d'Arabie Pétrée. Sa conquête de la Dacie enrichit considérablement l'Empire, la nouvelle province possédant plusieurs mines de métaux de grande valeur. En revanche, sa conquête des territoires parthes reste inachevée et fragile à la suite d'une grande révolte judéo-parthe. Il laisse à sa mort une situation économique globale peu florissante ; la partie orientale de l’Empire en particulier est exsangue. En parallèle de cette politique expansionniste, Trajan mène de grands travaux de construction et engage une politique de mesures sociales d'une ampleur inédite. Il est surtout connu pour son vaste programme de construction publique qui a remodelé la ville de Rome et laissé plusieurs monuments durables tels que les thermes, le forum et les marchés de Trajan, ainsi que la colonne Trajane. Il renforce aussi le rôle prépondérant de l’Italie dans l’Empire et poursuit la romanisation des provinces. Trajan est divinisé par le Sénat et ses cendres sont inhumées au pied de la colonne Trajane. Son fils adoptif et petit-neveu Hadrien lui succède, malgré quelques troubles lors de la passation de pouvoir. Hadrien ne poursuit pas la politique expansionniste de Trajan, renonce à tous les territoires nouvellement conquis sur les Parthes et réoriente la politique intérieure en mettant les provinces au premier plan.
Fondateur et premier dirigeant suprême de la Corée du Nord de 1948 à 1994
Kim Il-sung (en coréen : 김일성, prononcé : /kim.il.s͈ʌŋ/), retranscrit parfois sous la forme Kim Il-Seung ou Kim Il-Sŏng, né le 15 avril 1912 et mort le 8 juillet 1994, est un homme d'État nord-coréen. Fondateur et premier dirigeant de la Corée du Nord en 1948, il dirigea le pays jusqu'à sa mort. En 1998, l'Assemblée populaire suprême le proclame « président éternel de la République ». Kim Il-sung occupa les postes de Premier ministre de 1948 à 1972 et de président de la République à partir de 1972, tout en dirigeant sans interruption jusqu'à sa mort le Parti du travail de Corée. Fondateur d'un régime totalitaire et autocratique, il établit un système politique basé sur l’idéologie du juche, une forme de socialisme et de communisme qui intègre un nationalisme coréen prononcé. Le juche prône l'autosuffisance économique et politique, mettant l’accent sur l’indépendance totale vis-à-vis des influences extérieures. Il était couramment désigné du titre de Dirigeant Suprême (위대한 수령, widaehan suryŏng). Il fut surnommé le « président éternel » ou « professeur de l'humanité tout entière ». Son fils Kim Jong-il lui succéda à la tête du parti et du régime. Son petit-fils, Kim Jong-un, est l'actuel dirigeant de la Corée du Nord ce qui, sur trois générations, fait de la famille Kim la première dynastie communiste de l'histoire.
Mathématicien, physicien, ingénieur et philosophe suisse (1707-1783)
Leonhard Euler (en allemand : [ˈleːɔnhaʁt ˈɔɪ̯lɐ] ), né le 15 avril 1707 à Bâle (Suisse) et mort le 7 septembre 1783 (18 septembre dans le calendrier grégorien) à Saint-Pétersbourg (Empire russe), est un mathématicien et physicien suisse, qui passa la plus grande partie de sa vie dans l'Empire russe et en Allemagne. Il était notamment membre de l'Académie royale des sciences de Prusse à Berlin. Euler fit d'importantes découvertes dans des domaines aussi variés que le calcul infinitésimal et la théorie des graphes. Il introduisit également une grande partie de la terminologie et de la notation des mathématiques modernes, en particulier pour l'analyse mathématique, comme la notion de fonction mathématique. Il est aussi connu pour ses travaux en mécanique, en dynamique des fluides, en optique et en astronomie ou en géométrie du triangle. Euler est considéré comme un éminent mathématicien du XVIIIe siècle et l'un des plus grands et des plus prolifiques de tous les temps. Une déclaration attribuée à Pierre-Simon de Laplace exprime l'influence d'Euler sur les mathématiques : « Lisez Euler, lisez Euler, c'est notre maître à tous. » C'était un fervent chrétien, croyant en l'inerrance biblique, et il s'opposa avec force aux libre-penseurs éminents de son temps.
261e pape de l'Église catholique, de 1958 à 1963
Angelo Giuseppe Roncalli, né le 25 novembre 1881 à Sotto il Monte, près de Bergame en Italie, et mort le 3 juin 1963 au Vatican, est un prélat italien et saint de l'Église catholique, élu pape le 28 octobre 1958 sous le nom de Jean XXIII (en latin Ioannes XXIII, en italien Giovanni XXIII). En qualité d'évêque de Rome et chef d'État du Vatican, il est le 261e pape de l'Église catholique jusqu'à sa mort. Il convoque le IIe concile œcuménique du Vatican, appelé aussi concile Vatican II (1962-1965), dont il ne voit pas la fin car il meurt le 3 juin 1963, deux mois après avoir achevé l’encyclique Pacem in Terris. Béatifié par le pape Jean-Paul II à l’occasion du jubilé de l’an 2000, puis canonisé par le pape François en 2014 (en même temps que Jean-Paul II), il est considéré comme saint par l’Église catholique et fêté le 11 octobre, jour de l’ouverture de Vatican II. En Italie, on lui donne le surnom affectueux d’Il Papa Buono (« Le Pape Bon » ou « Le Gentil Pape »).
Deuxième empereur romain, de 14 à 37
Tibère (latin : Tiberius Cæsar Divi Augusti Filius Augustus), est né à Rome le 16 novembre 42 av. J.-C. il est mort à Misène le 16 mars 37 ap. J.-C., il est le deuxième empereur romain de 14 à 37. Il appartient à la dynastie julio-claudienne. C'est un descendant de la gens Claudia et il porte à la naissance le nom de Tiberius Claudius Nero, comme son père. Durant sa jeunesse, Tiberius se distingue par son talent militaire en conduisant avec succès de nombreuses campagnes le long de la frontière septentrionale de l'Empire et en Illyrie, souvent aux côtés de son frère Drusus I, qui est mort en Germanie. Après une période d'exil volontaire sur l'île de Rhodes, il retourne à Rome en 4 ap. J.-C. où il est adopté par Auguste et devient le dernier des successeurs potentiels de l'empereur, se nommant dorénavant Tiberius Iulius Cæsar. Il mène alors d'autres expéditions en Illyrie et en Germanie afin de remédier aux conséquences de la bataille de Teutobourg. À la mort de son père adoptif, le 19 août 14, il obtient le nom de Tiberius Iulius Cæsar Augustus et il peut lui succéder officiellement dans la fonction de princeps senatus, car il est depuis 12 ans associé au gouvernement de l'Empire. Il détient aussi l’imperium proconsulaire et la puissance tribunitienne, les deux pouvoirs majeurs des empereurs du Principat. Il met en place d'importantes réformes dans les domaines économiques et politiques. Il arrête la politique d'expansion militaire, se limitant à sécuriser les frontières grâce à l'action de son neveu Germanicus. Après la mort de Germanicus et de celle de son fils Drusus II, Tibère favorise l'ascension du préfet du prétoire Séjan. Il s'éloigne de Rome et il se retire sur l'île de Capri. Lorsque le préfet essaie de s'emparer du pouvoir, Tibère le fait destituer et exécuter. L'empereur ne retourne plus à Rome jusqu'à sa mort en 37. Son petit-neveu Caligula lui succède. Tibère a été durement critiqué par les historiens antiques tels que Tacite et Suétone, mais sa personnalité a été réévaluée par les historiens modernes, qui reconnaissent en lui un politicien habile et prudent.
10e sultan ottoman et calife de 1520 à 1566 (vers 1494-1566)
Soliman Ier (turc ottoman : سلطان سليمان اول (Sultān Suleimān-i evvel) ; turc : I. Süleyman) est probablement né le 6 novembre 1494 à Trébizonde (Trabzon) dans l'actuelle Turquie et mort le 6 septembre 1566 à Szigetvár dans l'actuelle Hongrie Fils de Sélim Ier Yavuz, il fut le dixième sultan de la dynastie ottomane et le soixante-quatorzième calife de l’islam de 1520 à sa mort en 1566. On le nomme Soliman le Magnifique en Occident et le Législateur en Orient (turc : Kanuni ; arabe : القانوني, al‐Qānūnī) en raison de sa reconstruction complète du système juridique ottoman. Il devient l'un des monarques les plus éminents du XVIe siècle et présida à l'apogée de la puissance économique, militaire, politique et culturelle de l'Empire ottoman. Il mène ses armées à la conquête des bastions chrétiens de Belgrade, de Rhodes et de la Hongrie avant de devoir s'arrêter devant Vienne en 1529. Il annexe la plus grande partie du Moyen-Orient lors de ses guerres contre les Séfévides d'Iran ainsi que de larges portions de l'Afrique du Nord jusqu'en régence d'Alger. Sous son règne, la marine ottomane, menée notamment par le grand amiral Barberousse, domine la mer Méditerranée, la mer Rouge et le golfe Persique. À la tête de son empire en pleine expansion, Soliman instaure des changements législatifs concernant la société, l'éducation, l'économie et le système judiciaire. Son code civil (appelé Kanun) fixe la forme de l'empire pour plusieurs siècles. Soliman est non seulement un poète et un orfèvre, mais également un mécène qui supervise l'âge d'or de l'art, de la littérature et de l'architecture ottomanes. Il parle quatre langues : le turc ottoman, l'arabe, le tchaghataï (un dialecte turc apparenté à l'ouïghour) et le persan. En rupture avec les traditions ottomanes, Soliman épouse l'une des filles de son harem, Roxelane, qui devient Hürrem Sultan ; ses intrigues en tant que reine à la cour et son influence sur le sultan assurent sa renommée. Leur fils, Sélim II, succède à Soliman à sa mort en 1566. Le règne de près de 46 ans de Soliman demeure le plus long de l'histoire de l'Empire ottoman.
Écrivain et médecin écossais, auteur des Sherlock Holmes (1859-1930)
Arthur Conan Doyle (prononcé en anglais : /ˈɑːθə ˈkəʊnən dɔɪl/), né Arthur Ignatius Conan Doyle le 22 mai 1859 à Édimbourg en Écosse et mort le 7 juillet 1930 à Crowborough (Sussex de l'Est), est un écrivain et médecin écossais. Conan est son troisième prénom et son nom de famille est Doyle, mais il signe la plupart de ses écrits sous le nom de « A. Conan Doyle » — ce qui explique qu'il soit fréquemment désigné sous le nom de « Conan Doyle ». Il doit sa célébrité à ses romans et nouvelles mettant en scène le détective Sherlock Holmes et, dans une moindre mesure, le professeur Challenger. Cet écrivain prolifique a également été l'auteur de pièces de théâtre et de poésies. Alors qu'il rêvait d'accéder à la reconnaissance littéraire par ses romans historiques (La Compagnie Blanche, Sir Nigel), c'est finalement le roman policier qui permet à Doyle de passer à la postérité. Les enquêtes de Sherlock Holmes, dont il entame l'écriture pour des raisons alimentaires, connaîtront un triomphe populaire qui le dépassera largement, au point de parfois le rejeter. Il en écrit toutefois quatre romans — le plus célèbre étant Le Chien des Baskerville — et cinquante-six nouvelles, qui sont considérés comme une innovation majeure du genre policier, popularisant la figure du détective plusieurs décennies avant les romans d'Agatha Christie. Ses personnages et son univers restent omniprésents dans la culture populaire au XXIe siècle, à travers une multitude d'hommages et d'adaptations. Il est élevé au rang de chevalier du très vénérable ordre de Saint-Jean par le roi Édouard VII le 24 octobre 1902 : il est donc le plus souvent nommé Sir Arthur Conan Doyle. Sur la fin de sa vie, marqué par de nombreux deuils, il s'investit dans des causes ayant trait au surnaturel aujourd'hui discréditées : ainsi, il défend le mouvement spiritualiste et soutient activement la thèse de l'existence des fées de Cottingley.
Réformateur protestant français fondateur du courant calviniste (1509-1564)
Jean Calvin, né Jehan Cauvin le 10 juillet 1509 à Noyon et mort le 27 mai 1564 à Genève, est un théologien français, un important réformateur, et un pasteur emblématique de la Réforme protestante du XVIe siècle, notamment pour son apport à la doctrine dite du calvinisme. Après des études de droit, Calvin rompt avec l'Église catholique romaine vers 1530. Du fait des persécutions contre ceux qu'on appellera plus tard les « protestants » en France, Calvin se réfugie à Bâle, en Suisse, où il publie la première édition de son œuvre maîtresse, l'Institution de la religion chrétienne en 1536. La même année, il est recruté par Guillaume Farel pour aider à la réforme de l'Église à Genève. À la suite d'un différend entre les pasteurs et le Conseil municipal, Calvin et Farel sont expulsés de Genève. À l'invitation de Martin Bucer, Calvin se rend à Strasbourg, où il séjourne entre 1538 et 1541, devenant pasteur d'une église de réfugiés français et wallons. De Strasbourg, il continue à soutenir le mouvement réformateur à Genève. En particulier lorsque les catholiques tentent d'y reprendre pied grâce à l’évêque Sadolet, Calvin rédige une réponse définitive. Il est finalement invité à revenir dans la cité genevoise en 1541. Après son retour, Calvin introduit une nouvelle liturgie et des idées politiques novatrices malgré l'opposition de plusieurs puissantes familles de la ville qui tentent de s'opposer à son autorité, notamment lors du procès de Michel Servet, brûlé vif sur un bûcher. De nouvelles élections et l'arrivée de réfugiés favorables à Calvin lui permettent d'évincer ses opposants au Conseil municipal. Calvin passe les dernières années de sa vie à promouvoir la Réforme à Genève et dans toute l'Europe. Calvin est un apologète et un polémiste engagé dans de nombreuses controverses. Il échange également une riche correspondance avec de nombreux réformés, comme Philippe Melanchthon et Heinrich Bullinger. Outre l’Institution, il rédige des commentaires sur la plupart des livres de la Bible, de même que des traités de théologie et des confessions de foi. Il prêche régulièrement à Genève et écrit pour soutenir les martyrs protestants qui attendent leur exécution. Calvin est influencé par la tradition augustinienne qui le pousse à adopter les concepts de prédestination et de la souveraineté absolue de Dieu en ce qui concerne la rédemption et donc aussi la damnation. Les écrits et les prédications de Calvin fondent la théologie réformée. Les Églises réformées, presbytériennes et congrégationnalistes ont adopté la pensée calvinienne et l'ont largement diffusée.
Médecin grec du siècle de Périclès (vers 460-vers 370 avant JC)
Hippocrate de Kos, ou simplement Hippocrate (du grec Ἱπποκράτης / Hippokrátês), né vers 460 avant J.-C. sur l’île de Kos et mort vers 377 av. J.-C. à Larissa, est un médecin et philosophe grec du siècle de Périclès, considéré traditionnellement comme le « père de la médecine ». Il a fondé l'école hippocratique qui a révolutionné intellectuellement la médecine en Grèce antique. Il a rendu la médecine distincte et autonome d'autres domaines de la connaissance, comme la théurgie et la philosophie, pour en faire une profession à part entière. On sait très peu de choses sur la vie d'Hippocrate, sa pensée et ses écrits. Néanmoins, Hippocrate est couramment décrit comme le parangon du médecin de l’Antiquité. C'est l'initiateur d'un style et d'une méthode d'observation clinique, et le fondateur des règles éthiques pour les médecins, à travers le serment d'Hippocrate et d'autres textes du Corpus hippocratique.
Philosophe, sociologue, historien et économiste allemand
Max Weber [maks vebɛʁ] (en allemand [maks ˈveːbɐ]), né le 21 avril 1864 à Erfurt, alors dans le royaume de Prusse, et mort le 14 juin 1920 à Munich, est un économiste et sociologue allemand originellement formé en droit. Considéré comme l'un des principaux fondateurs de la sociologie, et fondateur de la sociologie compréhensive, il s'intéresse au sens que les individus donnent à leur action. Ainsi, dans cette perspective, il faut comprendre l'action sociale du point de vue du sens et des valeurs et pas uniquement à partir des contraintes sociales extérieures (c'est-à-dire des structures sociales et matérielles), ce qui le distingue d'un autre fondateur de la sociologie : Émile Durkheim. La sociologie wébérienne n'est pas seulement compréhensive et actionniste, elle est également historique, comparatiste, contextuelle et multicausale. Il a publié deux œuvres majeures : L'Éthique protestante et l'Esprit du capitalisme (1905) et Économie et société (1922), et élaboré plusieurs notions importantes en sciences sociales : l'idéal-type, les types de l'action sociale (rationnelle en finalité, rationnelle en valeur, traditionnelle, affectuelle), les types de domination légitime (légale-rationnelle, traditionnelle, charismatique), les types de rationalités (pratique, théorique, substantielle et formelle), la cage de fer, la communalisation et la sociation, la bureaucratisation, le désenchantement, la neutralité axiologique ou impératif de non-imposition des valeurs. En marge de son travail de recherche, Weber s'est engagé dans l'action politique, contribuant notamment à la rédaction de la Constitution de Weimar pour la république de même nom en 1919. Après sa mort, son épouse, née Marianne Schnitger, également sociologue et connue pour ses positions féministes, a fait publier ses derniers manuscrits. Son œuvre a été traduite en France à partir de 1959. Elle connaît aujourd'hui une réputation internationale.
Peintre et graveur français (1832-1883)
Édouard Manet, né le 23 janvier 1832 à Paris et mort le 30 avril 1883 dans la même ville, est un peintre et graveur français majeur de la fin du XIXe siècle. Précurseur de la peinture moderne, qu'il affranchit de l'académisme, Édouard Manet est à tort considéré comme l'un des pères de l'impressionnisme : il s'en distingue en effet par une facture soucieuse du réel qui n'utilise pas (ou peu) les nouvelles techniques de la couleur et le traitement particulier de la lumière. Il s'en rapproche cependant par certains thèmes récurrents comme les portraits, les paysages marins, la vie parisienne ou les natures mortes, tout en peignant de façon personnelle, dans une première période, des scènes de genre : sujets espagnols notamment d'après Diego Vélasquez et odalisques d'après Le Titien. Il refuse de suivre des études de droit et il échoue à la carrière d'officier de marine militaire. Le jeune Manet entre en 1850 à l'atelier du peintre Thomas Couture où il effectue sa formation de peintre, le quittant en 1856. En 1860, il présente ses premières toiles, parmi lesquelles le Portrait de M. et Mme Auguste Manet. Ses tableaux suivants, Lola de Valence, La Femme veuve, Combat de taureau, Le Déjeuner sur l'herbe ou Olympia, font scandale. Manet est rejeté des expositions officielles et joue un rôle de premier plan dans la « bohème élégante ». Il y fréquente des artistes qui l'admirent, comme Henri Fantin-Latour ou Edgar Degas, et des hommes de lettres comme le poète Charles Baudelaire ou le romancier Émile Zola, dont il peint un portrait, Portrait d'Émile Zola. Zola prend activement la défense du peintre au moment où la presse et les critiques s'acharnent sur Olympia. À cette époque, il peint Le Joueur de fifre (1866), le sujet historique de L'Exécution de Maximilien (1867) inspiré de la peinture de Francisco de Goya, Tres de mayo (1814). Son œuvre comprend des marines comme Clair de lune sur le port de Boulogne (1869) ou des courses : Les Courses à Longchamp en 1864, qui valent au peintre un début de reconnaissance. Après la guerre franco-allemande de 1870, à laquelle il participe, Manet soutient les impressionnistes, parmi lesquels il a des amis proches comme Claude Monet, Auguste Renoir ou Berthe Morisot, laquelle devient sa belle-sœur et dont sera remarqué le célèbre portrait, parmi ceux qu'il fera d'elle, Berthe Morisot au bouquet de violettes (1872). À leur contact, il délaisse en partie la peinture d'atelier pour la peinture en plein air à Argenteuil et Gennevilliers, où il possède une maison. Sa palette s'éclaircit, comme en témoigne Argenteuil de 1874. Il conserve cependant son approche personnelle faite de composition soignée et soucieuse du réel, et continue à peindre de nombreux sujets, en particulier des lieux de loisirs comme Au Café (1878), La Serveuse de Bocks (1879) et sa dernière grande toile, Un bar aux Folies Bergère (1881-1882), mais aussi le monde des humbles dans Paveurs de la Rue Mosnier ou des autoportraits (Autoportrait à la palette, 1879). Manet parvient à donner des lettres de noblesse aux natures mortes, genre qui occupait jusque-là dans la peinture une place décorative, secondaire. Vers la fin de sa vie (1880-1883), il s'attache à représenter fleurs, fruits et légumes en leur appliquant des accords de couleur dissonants, à l'époque où la couleur pure meurt, ce qu'André Malraux est un des premiers à souligner dans Les Voix du silence. Le plus représentatif de cette évolution est L'Asperge, qui témoigne de sa faculté à dépasser toutes les conventions. Manet multiplie aussi les portraits de femmes (Nana, La Blonde aux seins nus, Berthe Morisot) ou d'hommes qui font partie de son entourage (Stéphane Mallarmé, Théodore Duret, Georges Clemenceau, Marcellin Desboutin, Émile Zola, Henri Rochefort). À partir des années 1880, il est de plus en plus reconnu. Il reçoit la Légion d'honneur le 1er janvier 1882. Cependant, victime de syphilis et de rhumatismes, il souffre, depuis 1876, de sa jambe gauche, qu'il faudra finalement amputer. En 1883, Édouard Manet meurt à 51 ans de la syphilis et d'une gangrène qu'il a contractée à Rio de Janeiro, et laisse plus de quatre cents toiles, des pastels, des esquisses et des aquarelles. Ses plus grandes œuvres sont visibles dans la plupart des musées du monde, particulièrement au musée d'Orsay à Paris. Ni impressionniste, ni réaliste, Manet adresse aux critiques d'art des questions restant sans réponse : « S'agit-il du dernier des grands peintres classiques ou du premier des révolutionnaires ? Fut-il l'enfant terrible du grand art persistant, l'élève un peu espiègle des maîtres, le restaurateur de la vraie tradition au-delà de celle qu'on enseignait à l'école des Beaux-Arts ? — ou bien le grand précurseur, l'initiateur de la peinture pure ? Bien évidemment, tout cela à la fois, (répond Françoise Cachin), et dans des proportions dont seules les alternances du goût sont juges. »
Diplomate ghanéen
Kofi Annan (/ˈkoʊfi ˈænæn/), né le 8 avril 1938 à Kumasi (Côte-de-l'Or) et mort le 18 août 2018 à Berne (Suisse), est un diplomate ghanéen. Il est le septième secrétaire général des Nations unies et le premier à sortir des rangs du personnel de l'organisation. Il occupe cette fonction de 1997 à 2006. Le 10 décembre 2001, il reçoit le prix Nobel de la paix.
Sculpteur français
Auguste Rodin (René François Auguste Rodin), né à Paris le 12 novembre 1840 et mort à Meudon le 17 novembre 1917, est l'un des plus importants sculpteurs français de la seconde moitié du XIXe siècle, considéré comme un des pères de la sculpture moderne. Héritier des siècles de l'humanisme, l'art réaliste de Rodin est un aboutissement, croisement de romantisme et d'impressionnisme dont la sculpture est modelée par la lutte entre la forme et la lumière. La virilité de l'artiste, surnommé en son temps le « Bouc sacré », provoqua des drames semi-publics ou privés et est au centre d'une expression plastique de la sensualité, de l'érotisme, mais aussi de la douleur. Il fut le compagnon, une partie de sa vie, de la sculptrice Camille Claudel. Par sa capacité de travail et d'organisation, Rodin laisse une œuvre hors norme, dont seul le musée Rodin de Paris détient le droit moral et inaliénable du sculpteur.
Romancière et autrice dramatique britannique
Mary Shelley (prononcé : /ˈmɛəɹɪ ˈʃɛli/), née Mary Wollstonecraft Godwin le 30 août 1797 à Somers Town, un faubourg de Londres (aujourd'hui dans le district de Camden), et morte le 1er février 1851 à Belgravia (Londres), est une femme de lettres britannique, auteure notamment de romans, de nouvelles, de biographies et de récits de voyage. Elle est surtout connue pour son roman Frankenstein ou le Prométhée moderne. Fille de la philosophe féministe Mary Wollstonecraft et de l'écrivain politique William Godwin, elle perd sa mère alors qu'elle-même n'est âgée que de dix jours. Son père se remarie quatre ans plus tard. Il offre à sa fille une éducation riche et l'encourage à adhérer à ses théories politiques libérales. En 1814, Mary Godwin entame une liaison avec un homme marié, partisan de son père, Percy Bysshe Shelley. Accompagné de Claire Clairmont, la fille de la belle-mère de Mary, le couple voyage à travers l'Europe. Au cours des deux années qui suivent, Mary et Percy affrontent un endettement permanent et la mort de leur fille. Ils se marient en 1816, après le suicide de la première épouse de Percy. C’est en Suisse, sur les bords du lac Léman, que le couple rencontre, en mai 1816, le poète Lord Byron. Byron loue la Villa Diodati, tandis que les Shelley s’installent dans une maison à Cologny. Mary, Percy et Byron, ayant beaucoup en commun, nouent rapidement une relation amicale, et passent de longs moments ensemble sur le lac ou en excursion, notamment au château de Chillon, qui les marque tous. 1816 est l'année sans été et souvent le temps ne leur permet pas de sortir, les nouveaux amis se racontent des histoires de fantômes, lues notamment dans le recueil traduit de l'allemand Fantasmagoriana. C’est au cours d'une de ces soirées que Byron propose à chacun d’écrire un roman inspirant la terreur. Lui ne rédige que quelques pages, plus tard reprises et augmentées par Polidori, et publiées sous le titre Vampire, alors que Mary commence ce qui deviendra son premier roman Frankenstein. En 1818, les Shelley quittent le Royaume-Uni pour l'Italie, où meurent leur deuxième et leur troisième enfant, avant que Mary Shelley ne donne naissance à son fils, Percy Florence Shelley, qui seul survivra. En 1822, son mari se noie dans le golfe de La Spezia, au cours d'une tempête. Un an plus tard, Mary Shelley retourne en Angleterre et, dès lors, se consacre entièrement à l'éducation de son fils et à sa carrière d'autrice. Les dix dernières années de sa vie sont marquées par la maladie. Elle meurt d'une tumeur du cerveau à 53 ans. Jusqu'aux années 1870, Mary Shelley, outre son Frankenstein, est surtout connue pour les efforts qu'elle fit en vue de faire publier les œuvres de son mari. Les études récentes ont permis une vision plus complète de son œuvre et montré que Mary Shelley est restée toute sa vie une radicale sur le plan politique, soutenant l'idée que la coopération et la solidarité, pratiquées tout naturellement par les femmes au sein de leur famille, sont la voie qui permet de réformer la société civile.