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Période de l'histoire de France et de ses colonies, du 5 mai 1789 au 9 novembre 1799
Événement
La Révolution française (1789-1799) est une période d'intenses bouleversements politiques et sociaux en France et dans ses colonies, ainsi qu'en Europe à la fin du XVIIIe siècle. Traditionnellement, on la fait commencer à l'ouverture des États généraux le 5 mai 1789 et finir au coup d'État de Napoléon Bonaparte le 9 novembre 1799 (18 brumaire de l'an VIII). En ce qui concerne l'histoire de France, elle met fin à l'Ancien Régime, notamment à la monarchie absolue, remplacée par la monarchie constitutionnelle (1789-1792) puis par la Première République. « Mythe national », la Révolution française a légué de nouvelles formes politiques, notamment au travers de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui proclame l'égalité des citoyens devant la loi, les libertés fondamentales et la souveraineté de la Nation, se constituant autour d'un État. Elle a entraîné la suppression de la société d'ordres, de la féodalité et des privilèges, une plus grande division de la propriété foncière, la limitation de l'exercice du pouvoir politique, le rééquilibrage des relations entre l'Église et l'État et la redéfinition des structures familiales. Les valeurs et les institutions de la Révolution dominent encore aujourd'hui la vie politique française. Elle a été marquée par des périodes de grande violence, notamment pendant la Terreur (1793-1794), au cours de la guerre de Vendée, cause de la mort de centaines de milliers de personnes, au cours des insurrections fédéralistes ou dans le cadre des luttes entre factions révolutionnaires, qui ont abouti à la mort successive des principales figures révolutionnaires (girondins, hébertistes, dantonistes puis robespierristes). Les guerres de la Révolution française, qui ont touché une grande partie de l’Europe continentale, ont propagé les idées révolutionnaires et contribué à l'abolition de la société d'ordres en Europe occidentale, dans les « républiques sœurs » puis dans toute l'Europe. La Révolution française « diffère des autres révolutions par ses exigences universalistes en ce qu'elle est destinée à bénéficier à toute l'humanité ». Dès son commencement, la portée universelle des idées de la Révolution française a été proclamée par ses partisans et l'ampleur de ses conséquences soulignée par ses détracteurs. Considérée par la majorité des historiens comme un des événements majeurs de l'histoire mondiale, la Révolution a été un objet de débats ainsi qu'une référence controversée durant les deux siècles qui l'ont suivie, en France et dans le monde. Elle a créé des divisions immédiates et durables entre les partisans des idées révolutionnaires et les défenseurs de l'ordre ancien, ainsi qu’entre les anticléricaux et l'Église catholique. Elle marque le début en France d’une période d'instabilité institutionnelle, au cours de laquelle se succèdent trois monarchies constitutionnelles (1789-1792, 1814-1830, 1830-1848), deux républiques (1792-1804, 1848-1851) et deux régimes impériaux (1804-1814 et 1851-1870), jusqu’à l’établissement définitif de la République dans les années 1870. Toute l'histoire contemporaine est marquée par les héritages de la Révolution française que la plupart des mouvements révolutionnaires ont perçue comme un événement précurseur. Ses grandes phrases et ses symboles culturels[pas clair] sont devenus les étendards d'autres bouleversements majeurs de l'histoire moderne, y compris lors de la révolution russe plus d'un siècle plus tard.
Régime politique de l'Allemagne de 1933 à 1945
Le Troisième Reich (aussi appelé Allemagne nazie) est la période de l'histoire de l'Allemagne qui se déroule de janvier 1933 à mai 1945, lorsque le pays était dirigé par Adolf Hitler et le Parti nazi. La république de Weimar n'étant pas abrogée en droit en 1933, le terme « Reich allemand » (Deutsches Reich) continue d'être, jusqu'en 1943, le nom officiel de l'État allemand, utilisé dans ses documents administratifs et politiques. Certains représentants du régime lui préfèrent, après l'Anschluss en mars 1938, le terme « Grand Reich allemand » (Großdeutsches Reich), qui devient le nom officiel de l'État allemand en 1943. Adolf Hitler, le chef du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (abrégé en « NSDAP », pour l'allemand Nationalsozialistische Deutsche Arbeiterpartei), est nommé chancelier par le président de la république de Weimar Paul von Hindenburg le 30 janvier 1933. Après son arrivée au pouvoir, le parti commence à anéantir toute opposition politique dans le pays et à consolider son pouvoir ; l'Allemagne devient un État policier et totalitaire, reposant avant tout sur le pouvoir absolu exercé par Adolf Hitler. Après le décès d'Hindenburg le 2 août 1934, Hitler établit un pouvoir absolu en fusionnant les fonctions de chancelier et de président. Le 19 août 1934, il se fait appeler « Führer ». À partir de la fin des années 1930, l'Allemagne nazie émet des revendications territoriales et menace d'une guerre. L'Autriche est annexée en 1938 et la Tchécoslovaquie en 1939. Une alliance est signée avec l'URSS et la Pologne est envahie en septembre 1939, ce qui déclenche la Seconde Guerre mondiale à l'échelle européenne. L'alliance avec l'URSS est rompue par l'Allemagne nazie deux ans plus tard avec l'opération Barbarossa. Une autre alliance est signée avec l'Italie fasciste et les pays de l'Axe. L'Allemagne nazie occupe la majeure partie de l'Europe, jusqu'à être défaite le 8 mai 1945. Le 23 mai, le dernier gouvernement nazi de Karl Dönitz est arrêté. La propagande nazie destinait le Troisième Reich à durer « mille ans », il en dura douze, la république de Weimar n'ayant d'ailleurs jamais été formellement abrogée par les nazis. L'idéologie du Troisième Reich repose sur la croyance en l'existence d'une « race aryenne », la promotion du Lebensraum, le racisme et l'antisémitisme. Dès son arrivée au pouvoir et particulièrement au cours de la Seconde Guerre mondiale, le régime met en place un système de répression s'attaquant à toute personne qui ne lui est pas totalement favorable ou soumise ou qu'il considère comme une « race » inférieure. Il met en place des mesures génocidaires, composées de camps d'extermination, de camps de concentration, de ghettos et de massacres par des unités mobiles. L'Allemagne nazie commet ainsi la Shoah (aussi dit l'Holocauste, ou le génocide des Juifs), le Porajmos (génocide des Roms d'Europe), la mise à mort systématique des handicapés, ainsi que la déportation des personnes homosexuelles, des opposants politiques au régime, des membres de l'aristocratie polonaise et du clergé catholique, des pasteurs et des membres de l'Église confessante. Tous ces massacres ont conduit à la mort de plusieurs dizaines de millions de personnes.
Guerre civile américaine qui a opposé les États du Sud esclavagistes aux États du Nord abolitionnistes (1861–1865)
La guerre de Sécession ou guerre civile américaine (généralement appelée « The Civil War » /ðə ˈsɪvəl wɔ:ɹ/, litt. « la Guerre civile », aux États-Unis) est une guerre civile survenue entre 1861 et 1865 aux États-Unis d'Amérique. Elle oppose le gouvernement fédéral des États-Unis (appelé « l'Union » ou « le Nord »), rassemblant principalement des États situés au Nord et dirigé par le président Abraham Lincoln, et les États confédérés d'Amérique (appelé communément « la Confédération » ou « le Sud »), dirigés par le président Jefferson Davis et rassemblant onze États du Sud qui avaient fait sécession des États-Unis. L'Union comprend tous les États abolitionnistes et cinq États « frontaliers » esclavagistes et est dirigée par le président Abraham Lincoln et le Parti républicain. Lincoln est profondément opposé à l'esclavage et souhaite son abolition dans les territoires détenus par les États-Unis. Sa victoire à l'élection présidentielle de 1860 entraîne une première sécession de sept États du Sud esclavagistes avant même que Lincoln ne prenne ses fonctions. Les combats commencent le 12 avril 1861, lorsque les forces confédérées attaquent une installation militaire de l'Union à Fort Sumter, dans la baie de Charleston en Caroline du Sud, parce que les soldats nordistes ont refusé de l'évacuer malgré les menaces des sudistes. Lincoln répond en mobilisant une armée de volontaires dans chaque État, ce qui conduit à la sécession de quatre États esclavagistes sudistes supplémentaires. Durant la première année de la guerre, l'Union s'assure du contrôle de la frontière des États sécessionnistes et établit un blocus naval alors que les deux camps renforcent leurs armées et leurs ressources. En 1862, des batailles telles que celles de Shiloh et d'Antietam causent des pertes sans précédent dans l'histoire militaire américaine. Dans l'Est, Robert E. Lee, commandant de l'armée de Virginie du Nord, puis brièvement général en chef de l'Armée confédérée en 1865, remporte une série de victoires (Sept Jours, 2de Bull Run, Fredericksburg, Chancellorsville) sur l'Armée de l'Union. Cependant, il échoue dans ses offensives au Maryland à la bataille d'Antietam en septembre 1862 et en Pennsylvanie à la bataille de Gettysburg au début de juillet 1863, redonnant l'initiative stratégique à l'Union. Pour certains, il s'agit du tournant de la guerre, du moins à l'Est. À l'Ouest, la prise de Vicksburg et celle de Port Hudson par Ulysses Grant (futur président des États-Unis) achèvent la prise de contrôle du Mississippi par les troupes de l'Union, séparant la Confédération en deux. Grant, désormais commandant en chef de l'armée de l'Union, mène de sanglantes batailles d'usure contre Lee en Virginie en 1864 (campagne terrestre, siège de Petersburg), l'obligeant à défendre Richmond, la capitale des Confédérés. Le général de l'Union William Sherman prend Atlanta en Géorgie et commence sa marche vers la mer, dévastant une large bande de l'État. La résistance des Confédérés s'effondre après la reddition du général Lee au général Grant à Appomattox le 9 avril 1865. Mais, contrairement à ce que l'on a souvent tendance à dire, la guerre n'était pas finie. Néanmoins, cette reddition, marquant profondément le Sud, cause finalement, jusqu'à la fin de l'année 1865 les dernières redditions de la guerre, comme celle de Bennett Place, le 26 avril. Outre un nombre indéterminé de victimes civiles, cette guerre aurait provoqué la mort de 618 222 soldats, dont 360 222 nordistes et 258 000 sudistes, ce qui en fait la guerre la plus meurtrière que les États-Unis aient connue à ce jour. Ce bilan fut relevé en 2011 à 750 000 morts environ et jusqu'à 850 000 morts. La très grande majorité des soldats étaient natifs des États-Unis. Concernant la participation non américaine, on a avancé le nombre de 60 000 étrangers. Avec la guerre de Crimée qui la précède, elle est considérée par les historiens comme la charnière technique entre les guerres napoléoniennes et les guerres modernes qui suivirent. Étant la première guerre industrielle (en raison des nombreuses innovations techniques qu'elle a entrainées), idéologique et totale, il s'agit de la première guerre moderne. Elle affirme la prépondérance du modèle économique du Nord, l'industrie employant des ouvriers, sur celui du Sud, l'agriculture employant des esclaves. Elle met fin à l'esclavage aux États-Unis, restaure l'Union et renforce le rôle du gouvernement fédéral. Les conséquences économiques, politiques et sociales de cette guerre continuent d'influer sur la pensée américaine contemporaine.
Période de l'histoire de l'Europe
Le Moyen Âge est une période de l'histoire de l'Europe, s'étendant du début du Ve à la fin du XVe siècle, qui débute avec le déclin de l'Empire romain d'Occident et se termine par la Renaissance et les grandes découvertes. Située entre l'Antiquité et les Temps modernes, la période est souvent subdivisée entre le haut Moyen Âge (Ve – Xe siècle), le Moyen Âge central (XIe – XIIIe siècle) et le Moyen Âge tardif (XIVe – XVe siècle). La dépopulation, la désurbanisation et les migrations de l'Antiquité tardive se poursuivent durant le haut Moyen Âge et les envahisseurs ou migrants barbares fondent de nouveaux royaumes sur les territoires de l'ancien Empire romain d'Occident. La période est marquée par de profonds changements sociaux et politiques ; la rupture avec l'Antiquité classique n'est cependant pas complète. La partie orientale de l'Empire romain survit aux bouleversements géopolitiques de la période et reste une puissance de premier plan sous le nom d'Empire byzantin. Il perd cependant une grande partie de ses territoires au Moyen-Orient et en Afrique du Nord au profit des califats musulmans au VIIe siècle. À l'ouest, la plupart des royaumes incorporèrent de nombreuses institutions romaines, tandis que l'expansion du christianisme fut marquée par la construction de nombreux monastères. Sous la dynastie carolingienne, les Francs établissent un empire couvrant la plus grande partie de l'Occident chrétien au IXe siècle avant de décliner du fait des tensions internes et des attaques Vikings au nord, hongroises à l'est et sarrasines au sud. Après l'an mille, durant le Moyen Âge central, la population européenne augmente fortement grâce à des innovations techniques, qui permettent un accroissement des rendements agricoles. La société se réorganise selon les systèmes de la seigneurie, l'organisation des paysans en communautés cultivant la terre pour le compte des nobles, et de la féodalité, la structure politique par laquelle les chevaliers et la basse-noblesse servaient dans l'armée de leur suzerain en échange du droit d'exploiter leurs fiefs. Cette dernière institution connaît un déclin à la fin du Moyen Âge du fait des efforts de centralisation menés par les différents souverains dont l'autorité se renforce aux dépens de celle des seigneurs locaux. Les croisades, lancées pour la première fois au XIe siècle sont des expéditions militaires menées au nom de la foi catholique ; elles sont principalement destinées à reprendre le contrôle de la Terre sainte aux musulmans, mais visent également les croyances jugées hérétiques en Europe. La vie intellectuelle est marquée par la scolastique cherchant à concilier la foi et la raison et par l'apparition d'universités dans les grandes villes. La philosophie de Thomas d'Aquin, les peintures de Giotto, la poésie de Dante et de Chaucer, les récits de Marco Polo et l'architecture des grandes cathédrales gothiques comme celle de Chartres sont parmi les plus grandes réalisations de cette période. Le Moyen Âge tardif est marqué par des famines, la peste noire et les guerres qui réduisent fortement la population de l'Europe occidentale tandis que l'Église catholique traverse de profondes crises politiques. Les changements culturels et technologiques de la période transforment néanmoins la société européenne et ouvrent la voie à la Renaissance et à l'époque moderne.
Conflit idéologique du XXe siècle
La guerre froide (en anglais Cold War ; en russe Холодная война, Kholodnaïa voïna) est la période de fortes tensions géopolitiques durant la seconde moitié du XXe siècle entre, d'une part, les États-Unis et leurs alliés constitutifs du bloc de l'Ouest et, d'autre part, l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et ses États satellites formant le bloc de l'Est. La guerre froide s'installe progressivement à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, dans les années 1945 à 1947, et dure jusqu'à la chute des régimes communistes en Europe en 1989, rapidement suivie de la dislocation de l'URSS en décembre 1991. L'écrivain britannique George Orwell est le premier, dans le contexte de l'après-guerre, à employer le terme « Cold War » en 1945. L'expression se répand en 1947 lorsque Bernard Baruch, conseiller auprès du président Truman, l'utilise dans un discours, puis quand son ami Walter Lippmann, journaliste très lu, la reprend dans une série d'articles publiés dans le New York Herald Tribune. Les racines de la guerre froide remontent à la révolution d'Octobre 1917 d'où naît en 1922 l'Union soviétique. Les relations difficiles entre les États-Unis et l'Union soviétique tiennent à la nature même de leurs régimes politiques et des idéologies qui les sous-tendent. Pendant l'entre-deux-guerres pourtant, leurs espoirs de vague révolutionnaire en Europe ayant été déçus, les Soviétiques privilégient la consolidation de leur régime ; mais, à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, l'URSS fait partie des vainqueurs de l'Allemagne nazie et occupe l'essentiel de l'Europe de l'Est, qu'elle place sous son contrôle en imposant un ensemble de régimes satellites. Hors de l'Europe, désormais coupée en deux par le « rideau de fer », le communisme s'étend également en Asie avec la victoire des communistes en Chine. Aux États-Unis, Harry S. Truman, qui succède à Franklin Delano Roosevelt en avril 1945, considère que l'avenir et la sécurité des États-Unis ne peuvent pas être assurés par un retour à l'isolationnisme mais doivent au contraire reposer sur une politique extérieure de propagation de leur modèle démocratique et libéral, de défense de leurs intérêts économiques et d'endiguement du communisme. La guerre froide est multi-dimensionnelle, davantage portée par les différences idéologiques et politiques entre les démocraties occidentales et les régimes communistes que par des ambitions territoriales. Elle a de fortes répercussions dans tous les domaines : économique, culturel, scientifique ou encore sportif et médiatique. Elle est aussi caractérisée par la course aux armements nucléaires à laquelle se livrent les deux superpuissances, les États-Unis et l'Union soviétique, qui y consacrent des ressources colossales. Elle est qualifiée de « froide » parce que les dirigeants américains et soviétiques qui la mènent évitent l'affrontement direct de leur pays, pour partie au moins par peur de déclencher une apocalypse nucléaire, et que l'Europe ne connaît pas de guerre malgré plusieurs graves crises. Mais sur les autres continents, notamment en Asie, des conflits ouverts font de nombreuses victimes civiles et militaires. Bien qu'il s'agisse d'un conflit entre deux internationalismes, l'un libéral, l'autre communiste, plusieurs autres acteurs locaux aux idéologies différentes se retrouvent impliqués dans le conflit, l'Arabie saoudite et les mouvements islamistes sunnites, le Portugal salazariste et l'Espagne franquiste se retrouvant alliés stratégiques des États-Unis quand les puissances nationalistes arabes telles que l'Égypte nassérienne, la république arabe du Yémen et les régimes baasistes de Syrie et d'Irak doivent jongler entre les États-Unis et l'URSS. Encore, le régime nationaliste-travailliste argentin de Juan Peron puis la république islamique d'Iran et les mouvements islamistes chiites et le régime kadhafiste en Libye se montrent hostiles aux deux blocs. Le conflit israélo-arabe a divisé les deux blocs. L'État d'Israël, dans un premier temps plus proche de l'Union soviétique, subit l'hostilité de l'Espagne franquiste, du Portugal, du Pakistan, de l'Arabie saoudite et de l'Irak alors que les autres pays européens du bloc de l'Ouest soutiennent Israël. À l'inverse, les pays du bloc de l'Est soutenaient Israël lors de sa création, mais finissent par se rapprocher des pays arabes et soutenir la création d'un État palestinien. Dans ce contexte de bipolarisation des relations internationales et par ailleurs de décolonisation, les pays du tiers monde, tels que l’Inde sous Jawaharlal Nehru, l’Égypte sous Gamal Abdel Nasser et la Yougoslavie sous Josip Broz Tito, forment le mouvement des non-alignés, proclamant leur neutralité et jouant sur la rivalité entre les blocs pour obtenir des concessions. Autre évènement majeur de la seconde moitié du XXe siècle, la décolonisation fournit à l'Union soviétique et à la république populaire de Chine de multiples occasions d'accroître leur influence aux dépens des anciennes puissances coloniales.
Civilisation antique d'Afrique du Nord
L'Égypte antique est une ancienne civilisation de l'Est de l'Afrique du Nord et de l'Ouest du Moyen-Orient, concentrée le long du cours inférieur du Nil, dans ce qui constitue aujourd'hui l'Égypte. Ses frontières historiques furent partagées avec Canaan et l'Arabie à l'est, la Libye à l'ouest et la Nubie au sud. La civilisation de l'Égypte antique prend forme autour de 3150 av. J.-C. avec l'unification politique de la Haute-Égypte au sud et de la Basse-Égypte au nord sous le règne du premier roi et se développe sur plus de trois millénaires. Son histoire est parsemée d'une série de périodes stables politiquement, entrecoupées de plusieurs périodes intermédiaires, plus troublées. L'Égypte antique atteint son apogée sous le Nouvel Empire puis entre dans une période de lent déclin. Le pays subit les assauts répétés de puissances étrangères dans cette période tardive et le règne des pharaons prend officiellement fin en 30 av. J.-C., lorsque l'Empire romain conquiert l'Égypte pour en faire une province. Le succès de la civilisation égyptienne antique découle en partie de sa capacité à s'adapter aux conditions de la vallée du Nil. L'inondation prévisible du fleuve et le contrôle de l'irrigation de la vallée produit des récoltes excédentaires qui alimentent le développement social et culturel du pays. Ce surplus agricole donne à l'administration les moyens de financer l'exploitation minière de la vallée et des régions voisines du désert. Le développement rapide d'un système d'écriture indépendant, l'organisation de constructions collectives et de projets agricoles, les relations commerciales avec les pays voisins et une armée solide permettent à l'Égypte d'affirmer sa domination sur la région. Toutes ces activités sont organisées par une bureaucratie de scribes, de dirigeants religieux et d'administrateurs placés sous le contrôle du pharaon qui assure l'unité du peuple égyptien dans le cadre d'un système complexe de croyances religieuses. Les nombreuses réalisations des Égyptiens de l'Antiquité comprennent l'extraction minière, l'arpentage et les techniques de construction qui facilitent la construction de pyramides monumentales, de temples et d'obélisques. On compte également à leur crédit le développement des mathématiques, de la médecine, de l'irrigation et de la production agricole, la construction des premiers navires connus, la faïence égyptienne, de nouvelles formes de littérature. Du rassemblement des tribus primitives qui créent le premier royaume pharaonique jusqu'à son absorption au Ier siècle av. J.-C., l'Égypte antique est le théâtre d'évènements majeurs qui influencent assurément la culture et l'imaginaire des peuples lui ayant succédé. Son art et son architecture sont largement copiés et ses antiquités sont disséminées aux quatre coins du monde. Un regain d'intérêt pour la période antique au début de l'époque moderne conduit à de nombreuses investigations scientifiques de la civilisation égyptienne, notamment par des fouilles, et à une meilleure appréciation de son héritage culturel, pour l'Égypte et le monde.
Génocide perpétré par les Jeunes-Turcs à l'encontre des Arméniens de l'Empire ottoman, entre 1915 et 1923
Le génocide arménien (en arménien : Հայոց ցեղասպանություն, Hayots tseghaspanoutyoun ; en turc : Ermeni Soykırımı), ou plus précisément le génocide des Arméniens, est un génocide perpétré d'avril 1915 à juillet 1916, voire 1923, au cours duquel les deux tiers des Arméniens qui vivent alors sur le territoire actuel de la Turquie périssent du fait de déportations, famines et massacres de grande ampleur. Il est planifié et exécuté par le parti au pouvoir à l'époque, le Comité Union et Progrès (CUP), plus connu sous le nom de « Jeunes-Turcs », composé en particulier du triumvirat d'officiers Talaat Pacha, Enver Pacha et Djemal Pacha, qui dirige l'Empire ottoman alors engagé dans la Première Guerre mondiale aux côtés des Empires centraux. Il coûte la vie à environ un million deux cent mille Arméniens d'Anatolie et d'Arménie occidentale. Les déportations et massacres sont préparés et organisés depuis Constantinople, capitale de l'Empire, et mis en œuvre à l'échelle locale par les autorités des divers districts et provinces. Chaque responsable local est chargé de rassembler ses administrés arméniens, puis les soldats et gendarmes ottomans escortent les convois jusqu'au désert dans des « marches de la mort » et procèdent eux-mêmes aux assassinats ou laissent libre cours à la violence de groupes de bandits armés, majoritairement kurdes. De nombreux criminels, regroupés dans ce qui sera connu comme l'« Organisation spéciale », ont été libérés par les autorités à cette fin. Sa reconnaissance politique à travers le monde fait encore l'objet de controverses, à cause de la négation de ce génocide, notamment en Turquie. En septembre 2023, le génocide est reconnu par trente-trois pays. Le génocide arménien peut être comparé sur de nombreux aspects à d'autres génocides du XXe siècle. Des liens ont été établis avec la Shoah, comme dans le cas du contrôle étatique des mouvements de la population à exterminer mais aussi avec le génocide des Tutsi du Rwanda par le caractère souvent très « local » de la violence exercée, et l'intervention massive de populations civiles qui deviennent des bourreaux.
Phase de la civilisation de la Rome antique, de 509 à 27 av. J.-C.
La République romaine (en latin : Res publica Romana) est le nom donné à la fois au régime de gouvernement et à la période de l'histoire de la Rome antique qui succède à la période royale et qui précède l'époque impériale. Cette période commence traditionnellement en 509 av. J.-C., à la chute de la royauté. Le dernier détenteur du titre royal, Tarquin le Superbe, un Étrusque, est alors chassé du pouvoir par une révolte menée par l'aristocratie patricienne. Même si cette date revêt un aspect quasi-légendaire pour les historiens contemporains, elle est toujours communément admise comme point de départ d'une organisation politique fondée sur la domination collective de l'aristocratie romaine sur le peuple romain, l'exercice du pouvoir par des magistrats, ainsi que la collégialité, l'annalité (ce qui est annuel), et l'électivité des magistratures. La République romaine prend fin, après presque un siècle de guerres civiles, en 27 av. J.-C., date à laquelle Caius Octavius Thurinus, fils adoptif de Jules César, reçoit le titre d'Auguste. Cette accession au pouvoir lui est permise par sa victoire militaire à la bataille d'Actium (le 2 septembre 31 av. J.-C.) lors de la dernière guerre civile de la République romaine, consacrant la fin de la carrière politique de Marc Antoine, et la déchéance de Cléopâtre VII. La victoire d'Octave, alors revêtu de nombreux pouvoirs constitutionnels et militaires du fait de sa position de triumvir, lui permet de briser les dernières résistances au sein du parti conservateur romain et d'instaurer un nouveau régime politique, le principat, ou Empire, dans lequel l'essentiel de la vie politique romaine, l'armée, les orientations monétaires et religieuses, sont contrôlées par un seul homme, désigné par le titre d'Auguste : l'empereur romain. En français moderne, le mot de « république » dérive directement du concept latin de res publica, signifiant « chose publique », par opposition à res privata, « chose privée ». En effet, à l'époque républicaine, la gestion de la cité romaine est d'abord marquée par la consécration du principe de publicité des réunions politiques (dans le cadre du Sénat mais aussi dans le cadre des réunions comitiales), de collégialité des pouvoirs (les magistrats sont toujours plusieurs à détenir une même charge, à l'instar des deux consuls), de spécialisation des magistratures (chacune d'elles dispose d'un pouvoir spécifique et d'un champ d'application bien défini) et d'électivité des charges (les magistrats sont pour l'immense majorité élus par le peuple romain réuni en assemblées). La devise traditionnelle de la république est Senatus populusque Romanus (SPQR), « le Sénat et le peuple romain ». Elle symbolise l'union consensuelle du Sénat, où siègent à l'origine les familles de l'élite économique et politique de la cité, et de l'ensemble des citoyens romains, qui par son vote adopte les lois, confère leurs pouvoirs aux magistrats, et consent au versement des impôts et à la levée des armées. À l'origine, la République romaine est largement dominée par l'aristocratie patricienne, héritière de la fondation de Rome, lorsque celle-ci a constitué le Sénat primitif autour des rois légendaires. Cette division entre patriciens et plébéiens s'estompe cependant au cours des siècles, au gré des différentes sécessions plébéiennes permettant à l'élite économique de la plèbe de se faire une place en politique — en obtenant notamment, à partir de 367 av. J.-C., le droit d'élire un consul chaque année. L'essentiel des citoyens romains reste composé d'une importante masse d'artisans et de petits paysans propriétaires dans les zones fertiles de l'Italie centrale, tandis que les patriciens sont souvent propriétaires de vastes domaines cultivés qui leur permettent de dégager d'importants revenus pour subventionner leur carrière politique. L'élite de la société romaine qui contrôle les rouages de la République se caractérise notamment par une célébration des origines familiales et des ancêtres prestigieux, dans le cadre de la gens. Chaque gens a ainsi ses propres cultes, dont celui des ancêtres vénérés dans la maison par le biais de portraits. Chaque grande famille de Rome exerce alors un pouvoir informel dans la cité, grâce au système clientélaire : chaque chef de famille accorde sa protection à un nombre plus ou moins grand de clients qui doivent obéissance à ce « patron » et reçoivent en échange aide et assistance en cas de besoin. La République romaine est loin d'être une démocratie : il s'agit avant tout d'un régime oligarchique dans lequel les citoyens jouissent certes des mêmes droits civils, mais ne jouissent pas des mêmes privilèges politiques et religieux, l'essentiel des droits du citoyen romain dépendant, de fait, de sa position au sein des classes censitaires romaines, établies en fonction du patrimoine foncier des familles recensées. La République romaine est donc avant tout un système de compétition, de course aux honneurs, entre les mains d'un nombre restreint de grandes familles patricio-plébéiennes formant la nobilitas, la noblesse.
Mouvement artistique
Le baroque est un mouvement artistique qui trouve son origine en Italie dans des villes telles que Rome, Mantoue, Venise et Florence dès le milieu du XVIe siècle et qui se termine au milieu du XVIIIe siècle. Il y a un âge baroque différent selon les domaines, qu'ils soient intellectuels, historiques ou artistiques. Certains critiques y voient une constante culturelle qui revient tout au long de l'histoire comme l'a écrit Eugenio d'Ors. Si la définition du baroque reste ouverte, comme son étude, on peut en proposer l’approche suivante. Au sens propre, le terme baroque, qui n’a d’ailleurs jamais été utilisé au XVIIe siècle, s’applique à un style architectural, créé alors à Rome, et qui s’est propagé dans d’autres pays. De l’architecture, ce terme s’est étendu à la sculpture et à la peinture, et aux autres formes de la production spirituelle contemporaine. Si les dates du baroque varient d’un pays à l’autre, on s’accorde à le situer entre le début du XVIIe siècle et la première moitié du XVIIIe siècle, mais cela n’implique pas pour autant que tout ce qui appartient à cette époque soit baroque. Entre la fin de la Renaissance et le baroque, on s’accorde aujourd’hui à insérer le style maniériste. D’autre part, une esthétique du rococo est en voie d’être clairement définie. Cette restriction du champ d’application du terme baroque semble utile dans l’effort de clarification entrepris. Le baroque, qui touche tous les domaines, se caractérise par l’exagération du mouvement, la surcharge décorative, les effets dramatiques, la tension, l’exubérance des formes, la grandeur parfois pompeuse et le contraste, ce même contraste dont parlait Philippe Beaussant : l’époque baroque a tenté de dire « un monde où tous les contraires seraient harmonieusement possibles ». À l'origine, le mot « baroque » était un terme péjoratif, relevant de la bizarrerie et de l'étrangeté. L’adjectif « baroque » apparaît au XVIe siècle sous le nom de berrueco (en Espagne) et barroco (au Portugal) pour désigner, en joaillerie, une perle irrégulière. Le mot « baroque » pourrait aussi provenir d'un moyen mnémotechnique utilisé à la Renaissance pour retenir la façon de construire, en logique aristotélicienne, un des syllogismes de la deuxième figure, Baroco. La bizarrerie qu'on attache depuis toujours au baroque serait née de cette manière futile et pédante de raisonner, pour finir, au XVIIIe siècle, par désigner « la forme la plus extrême du bizarre ». Il touche tous les domaines artistiques, sculpture, peinture, littérature, architecture, théâtre et musique, et se répand rapidement dans la plupart des pays d’Europe.
Dynastie chinoise
La dynastie Han (chinois simplifié : 汉朝 ; chinois traditionnel : 漢朝 ; pinyin : hàncháo ; chinois archaïque : ŋ̥ānh ḍhaw) régna sur la Chine de 206 av. J.-C. à 220 apr. J.-C. Deuxième des dynasties impériales, elle succéda à la dynastie Qin (221 - 206 av. J.-C.) et fut suivie de la période des Trois Royaumes (220-265). Fondée par Liu Bang, chef de guerre d'origine paysanne révolté contre la dynastie Qin, elle compta vingt-huit empereurs. Première dynastie impériale par sa durée, elle se divise en Han occidentaux (西漢) ou Han antérieurs (前漢) (206 av. J.-C. - 9 apr. J.-C.), capitale Chang'an, et Han orientaux (東漢) ou Han postérieurs (後漢), (25-220 apr. J.-C.), capitale Luoyang, séparés par la courte dynastie Xin (9-23 apr. J.-C.) fondée par Wang Mang. Les plus de quatre siècles de domination de la dynastie Han sont généralement considérés comme un des « âges d'or » de l'histoire de la Chine. L’accent est mis en particulier sur les premiers règnes des Han antérieurs, qui virent la stabilisation de l'institution impériale en Chine, après la courte domination des Qin (220-209 av. J.-C.) qui avaient certes vu le triomphe de l'idée d'unité des pays chinois mais n'avaient pas pu en assurer l'installation dans la durée, ce que firent les Han en assouplissant les velléités centralisatrices de leurs prédécesseurs. On met en particulier en avant le long règne de Wudi (141-87 av. J.-C.), durant lequel fut assuré le triomphe du pouvoir impérial sur les dynasties établies dans les provinces, fut mise en place l'idéologie confucéenne officielle des empires chinois, ainsi que vers l'extérieur la conduite de plusieurs expéditions couronnées de succès face aux peuples de la steppe et l'ouverture de la « route de la soie » en direction de l'Asie intérieure et des contrées situées en Occident. La suite fut cependant moins glorieuse, avec l'affaiblissement de l'autorité des empereurs à la cour face aux ambitions des ministres issus des familles de leurs épouses principales, et celles des eunuques qui prirent progressivement l'ascendant sous les Han postérieurs. Dans l'empire, les grandes familles provinciales placèrent sous leur coupe une grande partie de la paysannerie, et gagnèrent en autonomie face au pouvoir central. Ce dernier s'effondra finalement sous l'action de coups de force à la cour et de révoltes populaires entraînant sa fragmentation à partir des années 180, même si le prestige des membres de la dynastie Han permit à celle-ci de subsister jusqu'en 220. Du point de vue culturel, la période Han vit éclore de remarquables historiens (Sima Qian et Ban Gu), penseurs (Huainanzi, Dong Zhongshu, Wang Chong) et poètes. De son art, on connaît essentiellement ce qui a été exhumé lors de fouilles archéologiques dans les nombreuses tombes de la période, qui offrent également des informations inestimables sur les croyances des anciens Chinois sur l'au-delà. Toujours dans le domaine religieux, la fin de la période fut marquée par l'émergence des premiers courants taoïstes, ainsi que l'arrivée du bouddhisme en Chine depuis les routes venant d'Asie centrale. En souvenir de cette dynastie, jusqu'à aujourd'hui, le groupe ethnique majoritaire du pays se désigne lui-même comme étant le « peuple Han ».
Guerre opposant l'Irak à une coalition, de 1990 à 1991
La guerre du Golfe est un conflit qui oppose, du 2 août 1990 au 28 février 1991, l'Irak à une coalition de 35 États dirigée par les États-Unis à la suite de l'invasion du Koweït par l'Irak. La guerre est divisée en deux phases : l'opération Bouclier du désert (en anglais Desert Shield), du 2 août 1990 au 17 janvier 1991, au cours de laquelle les troupes se renforcent et défendent l'Arabie saoudite, et l'opération Tempête du désert (en anglais Desert Storm), du 17 janvier au 28 février 1991, phase de combat qui commence avec un bombardement aérien et naval, suivi d'un assaut terrestre et qui se termine par la victoire des forces de la coalition qui parviennent à repousser l'armée irakienne hors du Koweït et à avancer en Irak. La coalition cesse sa progression et déclare un cessez-le-feu de 98 heures après le début de la campagne terrestre. Au cours de la guerre, les combats sont limités à l'Irak, au Koweït et à des zones situées le long de la frontière avec l'Arabie saoudite ; l'Irak lance des missiles Scud contre des cibles militaires de la coalition en Arabie saoudite et contre Israël. La guerre du Golfe est aussi connue sous d'autres noms, comme la première guerre du golfe Persique, la première guerre du Golfe, la guerre du Koweït, la première guerre d'Irak, ou tout simplement « guerre d'Irak » jusqu'à ce que le terme fasse référence à la guerre de 2003. Pourtant, il y eut peu de combats dans le golfe Persique en 1991, et le surnom de ce conflit convient mieux à la guerre Iran-Irak qui avait été surnommée en son temps la « guerre du Golfe ». Ce conflit est marqué par la mise en place d'émissions télévisées en direct depuis le front, principalement par le réseau américain CNN. La guerre gagne également le surnom de « guerre de jeu vidéo » après la diffusion quotidienne d'images provenant de caméras installées à bord des bombardiers américains au cours de l'opération Tempête du Désert[réf. nécessaire].
Ancien empire perse, de 224 à 651
L'Empire sassanide, officiellement connu sous le nom d'empire des Iraniens (pehlevi : 𐭠𐭩𐭥𐭠𐭭𐭱𐭲𐭥𐭩 / Ērānshahr), est la dernière dynastie impériale perse avant la conquête musulmane au milieu du VIIe siècle. Nommé d'après la maison de Sasan, il a duré plus de quatre siècles, de 224 à 651, ce qui en fait la plus longue dynastie perse. L'Empire sassanide a succédé à l'Empire parthe et a rétabli les Iraniens en tant que superpuissance dans l'Antiquité tardive, aux côtés de son rival voisin, l'Empire romain, puis plus tard l'Empire byzantin. Fondé par Ardachir Ier, qui met en déroute Artaban IV, le dernier roi parthe (arsacide), il prend fin avec la défaite du dernier roi des rois (empereur) Yazdgard III (632-651). Ce dernier, après quatorze ans de lutte, ne parvient pas à enrayer la progression du califat musulman, le premier des empires islamiques. Le territoire de l'Empire sassanide englobe alors la totalité de l'Iran actuel, l'Irak, l'Arménie d'aujourd'hui ainsi que le Caucase sud (Transcaucasie), y compris le Daghestan du sud, l'Asie centrale du sud-ouest, l'Afghanistan occidental, des fragments de la Turquie (Anatolie) et de la Syrie d'aujourd'hui, une partie de la côte de la péninsule arabe, la région du golfe Persique et des fragments du Pakistan occidental.
État turco-mongol musulman de l'Inde (1526-1857)
L'Empire moghol (ou « mogol » ; en persan : شاهان مغول, Šâhân-e Moġul ; en ourdou : مغلیہ سلطنت, Muġliyah Salṭanat ; de ses dénominations historiques « Royaume de l'Hindoustan » (en persan : ولایت هندوستان, Wilâyat-i Hindustân), « Sultanat de l'Hindoustan » (سلطنت هندوستان, Saltanat-i Hindustân) ou « Hindoustan » (هندوستان)) est fondé en 1526 dans l'actuelle Inde par Babur, descendant de Tamerlan et de Gengis Khan, lorsqu'il défait Ibrahim Lodi, dernier sultan de Delhi, à la première bataille de Panipat. Le nom « Moghol » est dérivé du nom de la zone d'origine des Timourides, ces steppes d'Asie centrale autrefois conquises par Gengis Khan et connues par la suite sous le nom de « Moghulistan » : « terre des Mongols ». Bien que les premiers Moghols aient parlé la langue tchaghataï et conservé des coutumes turco-mongoles, ils avaient pour l'essentiel été « persanisés ». Ils renforcent donc la littérature et la culture persanes en Inde — déjà présente —, amenant la culture indo-persane à son paroxysme. L'Empire moghol marque l'apogée de l'expansion musulmane en Inde. En grande partie reconquis par Sher Shah Suri, puis à nouveau perdu pendant le règne de Humâyûn, il se développe considérablement sous Akbar, et son essor se poursuit jusqu'à la fin du règne d'Aurangzeb. Après la disparition de ce dernier, en 1707, l'Empire entame un lent et continu déclin, tout en conservant un certain pouvoir pendant encore 150 ans. En 1739, il est défait par une armée venue de Perse sous la conduite de Nâdir Shâh. En 1756, une armée menée par Ahmad Shâh pille à nouveau Delhi, tandis que l'empire devient un espace d'affrontements entre les Européens (les Britanniques agrandissent leurs possessions et envahissent le Bengale à l'issue de la guerre de Sept Ans). Après la révolte des cipayes (1857-1858), les Britanniques s'emparent du Raj et exilent le dernier empereur moghol, resté jusqu'à cette date le souverain en titre de l'Inde.
Conférence des représentants diplomatiques des grandes puissances européennes, de septembre 1814 à juin 1815
Le congrès de Vienne est une conférence de représentants diplomatiques des grandes puissances européennes qui a eu lieu à Vienne du 18 septembre 1814 au 9 juin 1815. Les pays vainqueurs de Napoléon Ier ainsi que les autres États européens se réunissent pour rédiger et signer les conditions de la paix, et donc déterminer les frontières et tenter d'établir un nouvel ordre pacifique. Le congrès de Vienne permet également la discussion sur la libre circulation navale, l'abolition de la traite négrière (et non pas de l'esclavage, qui persiste cependant), et la mise en avant de la neutralité de la Suisse et de la neutralité de la Savoie.
Évènement de l'histoire européenne du IVe au VIe siècle
Les invasions barbares, ou grandes migrations, sont un ensemble de migrations de peuples dans l'Antiquité tardive, principalement en Europe, commençant par l’arrivée des Huns en Europe centrale et orientale aux environs de 375, et finissant par celles des Lombards en Italie en 568 et des Slaves dans l’Empire romain d’Orient en 577. Cette période voit la partition de l'Empire romain et la désagrégation de sa partie occidentale au profit de plusieurs royaumes fondés par des peuples germaniques. Ce découpage historique est une conception de l’esprit reposant sur des conventions linguistiques variant d'une langue à l'autre. L’expression « invasions barbares » est une spécificité des langues romanes faisant référence au barbaricum, mot par lequel les auteurs romains désignaient les territoires échappant au contrôle de Rome. Dans la recherche historique moderne, les différentes langues européennes ont renoncé au substantif « invasions » et à l’adjectif « barbares », préférant des syntagmes moins péjoratifs comme « migration des peuples » ou « période des migrations » (Völkerwanderung en allemand, Migration Period en anglais). En l'occurrence, malgré quelques déplacements massifs, l’arrivée des Germains en Occident au Ve siècle et leur établissement en royaumes autonomes ne doivent plus être envisagés comme un brutal déferlement. En fait, le terme « invasion », avec son implication de force dévastatrice, tend à être remplacé par celui « d’incursion », qui semble mieux correspondre à la réalité observée. Loin de se réduire à un événement unique et continu, les invasions sont un processus au cours duquel différentes populations, qui se forment et se modifient sous l’emprise de multiples facteurs comme la pression d'autres peuples migrateurs et les changements climatiques, déferlent en vagues successives et progressives sur l'Empire romain. Ces mouvements migratoires ont pu entraîner le départ des populations romanisées, leur assimilation ou leur assujettissement, mais inversement ces populations ont aussi pu romaniser et christianiser — ou convertir de l'arianisme au christianisme nicéen — les royaumes dits « barbares » comme dans les cas des Wisigoths, des Francs et des Lombards. Après la mort de l’empereur Théodose Ier en 395, l’Empire romain est de facto séparé en deux parties, chacune d’elles régie par un co-empereur. En 382 et en 418, des accords sont conclus entre les autorités de l’empire et les Wisigoths, permettant pour la première fois aux Goths de s’établir sur le territoire romain. Il en est de même pour les Francs qui reçoivent, à titre de fœderati, la mission de protéger la frontière nord-est des Gaules. Avec le passage du Rhin en 406, et l’irruption des Vandales et des Suèves dans l’empire, l’administration impériale s'écroule, lentement mais inexorablement, dans la partie occidentale de l'empire, ce qui conduira à la déposition du dernier empereur occidental en 476, alors qu’à l’Est les structures de l’empire résistent, bien qu’affaiblies par les guerres menées contre d’autres envahisseurs, et peuvent être réformées par des empereurs énergiques, permettant leur survie. En Occident, les Ve et VIe siècles voient la création et la croissance de royaumes germaniques (regna), parmi lesquels le royaume des Francs pose les bases de ce qui sera l'Empire carolingien.
Première et plus longue période de la Préhistoire
Le Paléolithique est la première et la plus longue période de la Préhistoire, durant laquelle les humains sont tous des chasseurs-cueilleurs. Elle est presque contemporaine du Pléistocène. Les humains du Paléolithique sont la plupart du temps nomades, se déplaçant au gré des saisons en fonction des ressources alimentaires disponibles, qu'elles soient végétales ou animales. La densité de population est très faible (inférieure à 0,01 habitant/km2), en particulier pendant les périodes glaciaires, caractérisées par un climat plus sec. Le Paléolithique commence avec l’apparition des premiers outils lithiques, il y a 3,3 millions d'années en Afrique. Il s'achève il y a 11 700 ans avec la fin de la dernière période glaciaire, qui ouvre la voie au Mésolithique en Europe et dans de nombreuses régions du monde. Le Paléolithique couvre donc environ 98 % de la durée de la Préhistoire, qui, quant à elle, s'achève avec l'apparition de l'écriture vers 3 300 ans av. J.-C. en Mésopotamie. Le Paléolithique, le Mésolithique et le Néolithique se succèdent dans cet ordre et forment l'âge de la pierre. Le Paléolithique est subdivisé en trois ou quatre grandes périodes, correspondant aux grandes évolutions culturelles et techniques mises en évidence par les fouilles archéologiques : le Paléolithique archaïque, le Paléolithique inférieur, le Paléolithique moyen et le Paléolithique supérieur.
Phase paléoclimatique froide et période géologique de la Terre durant laquelle une partie importante des continents est englacée
Une glaciation (ou englaciation) est une période glaciaire ou ère glaciaire, c'est-à-dire à la fois une phase paléoclimatique froide et une période géologique de la Terre durant laquelle une partie importante des continents est englacée. L'histoire de la Terre est marquée par de nombreux épisodes glaciaires au cours de refroidissements climatiques. Le Quaternaire se caractérise par leur relative fréquence et leur régularité.
Conflit international
La crise du canal de Suez, aussi appelée expédition de Suez, guerre de Suez, campagne de Suez, Agression tripartite ou opération Kadesh selon le nom de code israélien, est une guerre qui éclata en 1956 en territoire égyptien. Le conflit opposa l'Égypte à une alliance secrète actée par le protocole de Sèvres, dont les entretiens se sont tenus du 21 au 24 octobre 1956, formée par la France, le Royaume-Uni et l'État d'Israël à la suite de la nationalisation du canal de Suez par l'Égypte le 26 juillet 1956. Cette alliance entre deux États européens et Israël répondait à des intérêts communs : les nations européennes avaient des intérêts politiques, économiques (ils en étaient actionnaires) et commerciaux (il était principalement utilisé pour le transport de pétrole) dans le canal de Suez. Israël avait besoin du canal pour assurer son transport maritime entre Méditerranée et mer Rouge, mais utilisait comme prétexte à son intervention militaire une réponse aux attaques de fedayins qu'il subissait sur son territoire. Le renversement de Gamal Abdel Nasser était également prévu. Le 29 octobre 1956, conformément aux accords secrets, Israël envahit l'Est du canal, suivi rapidement par les Français et les Britanniques qui bombardent à partir du 31 octobre, parachutent et débarquent leurs troupes le 5 novembre, officiellement comme des troupes de maintien de la paix. Finalement, alors que les Égyptiens sont battus militairement (cessez-le-feu le 7 novembre), les coalisés, en échange de certaines concessions d'ordre économique, sont obligés de battre en retraite sous la pression des États-Unis et de l'Union soviétique. La Force d'urgence des Nations unies débarque le 27 novembre, les coalisés finissent de rembarquer le 22 décembre. La crise est principalement retenue pour les leçons qu'elle apporte sur le nouvel équilibre des forces pendant le contexte de guerre froide. L'impératif d'une relative stabilité de l'ordre mondial entre les deux « géants » ne peut être remis en cause, même par d'anciennes grandes puissances comme la France et le Royaume-Uni, pourtant alliées des États-Unis. En outre, la crise conduit à un renforcement des relations entre l'Union soviétique et l'Égypte, entre la France et Israël, entre le Royaume-Uni et les États-Unis, ainsi qu'à l'accélération dans la mise en place de la force de dissuasion nucléaire française. Elle entraîne également la démission du Premier ministre britannique Anthony Eden et l'attribution du prix Nobel de la paix au ministre des Affaires étrangères canadien Lester Pearson pour son rôle diplomatique dans le règlement de la crise. Si l'échec de la France et du Royaume-Uni à l'issue de la crise est apparent, celui d'Israël, qui a démontré sa supériorité militaire sur l'Égypte et sa capacité de mobilisation, est moins évident. Le déploiement de la première force d'urgence des Nations unies permet à Israël de garantir la sécurité de sa frontière avec l'Égypte, bien que le stationnement des Casques bleus dans le Sinaï puisse être sujet à révocation sur demande égyptienne. De ce fait, Israël ne parvient toujours pas à stabiliser ses frontières après le conflit. Nasser émerge donc comme le grand vainqueur de la crise, parvenant à transformer une déroute militaire imminente en un triomphe politique retentissant qui accroît considérablement son prestige et sa popularité dans le monde arabe.
Accords de 1938 permettant à l'Allemagne nazie d'annexer des territoires de Tchécoslovaquie peuplée majoritairement d'Allemands
Les accords de Munich sont signés entre l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie représentés respectivement par Adolf Hitler, Édouard Daladier, Neville Chamberlain et Benito Mussolini à l'issue de la conférence de Munich du 29 au 30 septembre 1938. Le président tchécoslovaque, Edvard Beneš, et le secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique, Joseph Staline, ne sont pas invités. Ces accords ont pour but de régler la crise des Sudètes mais indirectement scellent le sort de la Tchécoslovaquie en tant qu'État indépendant. Ils permettent à Hitler d'annexer les régions tchécoslovaques peuplées majoritairement d'Allemands ethniques. Les accords sont considérés comme ayant mis un terme à la Première république tchécoslovaque. La « Deuxième république tchécoslovaque » ne survivra que quelques mois avant son démembrement.
Ensemble de guerres opposant la république romaine à l'empire carthaginois
Les trois guerres puniques ou guerres romano-carthaginoises opposent durant plus d’un siècle la Rome antique et la civilisation carthaginoise ou civilisation punique. Les Carthaginois sont appelés Carthaginienses ou Pœni en latin, déformation du nom des Phéniciens dont sont issus les Carthaginois, d’où le mot français « punique ». La cause initiale des guerres puniques est le heurt des deux empires en Sicile, qui est en partie contrôlée par les Carthaginois après le cycle des trois guerres siciliennes qui mettent aux prises la cité d'Elissa et ses alliés et les cités siciliennes aux Ve et IVe siècles av. J.-C. Au début de la première guerre punique, Carthage forme un vaste empire maritime et domine la mer Méditerranée, alors que Rome a conquis l'Italie péninsulaire. La première guerre punique, d'une durée de 23 ans (entre 264 et 241 av. J.-C.), voit les opérations essentiellement maritimes aboutir à l'amputation d'une bonne part des éléments de la thalassocratie phénico-punique. La guerre entraîne la transformation de la Rome républicaine en une puissance maritime. Carthage est mise à genoux par une paix très dure sur le plan financier et des pertes territoriales importantes. Carthage se relève et étend son influence en Hispanie. La deuxième guerre punique, à l'initiative de la cité punique, dure de 218 à 201 av. J.-C. et est surtout marquée par des batailles terrestres et l'affrontement du Carthaginois Hannibal Barca et du Romain Scipion l'Africain. Après 16 ans de combats menés essentiellement en Italie, dont certains ont pu faire penser à une défaite romaine imminente, la guerre se porte en Afrique et mène à la capitulation de Carthage après la bataille de Zama. La paix qui suit est très dure encore financièrement et se traduit par une perte territoriale importante pour Carthage, ses possessions se trouvant limitées à l'Afrique. Avec le relèvement de la cité punique dans la première moitié du IIe siècle av. J.-C., Rome désire mettre fin à la menace qu'elle constitue selon elle. Par traîtrise, elle désarme la cité puis lui déclare la guerre, conflit qui, même très déséquilibré, dure trois ans. À la fin de la troisième guerre punique (149-146 av. J.-C.), après 118 ans de conflit et la mort de centaines de milliers de soldats et de civils des deux côtés, Rome parvient au prix de durs combats à conquérir les territoires carthaginois et à détruire Carthage, devenant ainsi la plus grande puissance de la Méditerranée occidentale. Simultanément, après les guerres de Macédoine et la défaite de la monarchie des Séleucides, Rome étend aussi sa domination vers la Méditerranée orientale.
Combattants professionnels, dans la Rome antique
Les gladiateurs (du latin gladiatores, de gladius, glaive, signifiant « combattants à l'épée », ou « épéistes ») sont des combattants qui s'affrontent généralement par paires bien définies, chacun des deux adversaires appartenant à une catégorie appelée armatura, dotée d'armes, d'une panoplie et de techniques de combat spécifiques. Il s'agit de combats d'hommes athlétiques, plus rarement de femmes (les gladiatrices) et exceptionnellement de nains ou d'enfants. Phénomène pluriséculaire, le combat spectacle a connu des formes diverses et plusieurs phases d'évolution. Dans la Rome antique, l'origine du munus (l'affrontement de gladiateurs) se retrouve en Italie du sud, où le combat en armes entre membres de l'entourage du défunt ou de prisonniers de guerre a pour but d'honorer la mémoire d'un mort. Cet art martial devient dans l'empire romain un sport-spectacle codifié, exécuté par de vrais professionnels, mis en scène pour satisfaire la plèbe et offrir un divertissement de qualité où la mort est en jeu. La gladiature est l'institution romaine qui fait combattre des gladiateurs lors de jeux de cirque. Elle est souvent représentée par des clichés véhiculés par les arts visuels et la littérature : Pollice verso, mort systématique du vaincu, esclaves obligés de se battre contre leur gré, armes et panoplie fantastiques, etc. Ceux-ci sont cependant contredits par les sources et l'archéologie expérimentale et sont le résultat d’une vision moralisante et voyeuriste issue de l’époque romantique du xixe siècle. La gladiature comprend différents aspects fondamentaux pour la compréhension de la civilisation romaine : aspects religieux (jeux funèbres, dimensions sacrée des Ludi), politiques (évergétisme, préparation idéologique à la guerre, propagande impériale), sportifs (entraînement, technicité très élaborée), militaires (incarnation de l'esprit combatif des Romains, de leur bravoure guerrière et leur mépris de la mort, vertus militaires formant l'un des piliers de la société romaine), économiques (poids financier de l'organisation des spectacles) et sociaux (panem et circenses, représentation symbolique, voire théâtrale, et sans mise à mort véritable).